L’ingénierie et ses mythes

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L’ingénierie et ses mythes

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Document d'atelier

Mythe est entendu ici sous sa double acception, celle de fantasme ou illusion, et celle de puissance créatrice de l’imaginaire que les figures mythiques sont susceptibles de soutenir et nourrir. Le glissement des modèles des sciences de l’ingénieur des professions techniques (des machines) aux métiers de la relation (des vivants) témoigne du premier sens de mythe : faire comme si le vivant pouvait se robotiser et s’algorithmiser, afin de s’inscrire sans erreur possible dans des procédures contrôlées, juxtaposées, cumulatives. Le second sens, parce que les figures mythiques sont toujours plus floues, ambigües, paradoxales que les chiffres, nous permettra de considérer comment elles conduisent à accueillir l’ingenium, dans des processus créatifs où le génie se montre et se génère. Non contrôlables et non prévisibles, les métiers de la relation peuvent alors s’envisager comme des enchevêtrements d’émergences autonomes, singulièrement modélisables. « Plutôt qu’appliquer des modèles, s’appliquer à modéliser » propose JL Le Moigne. Les outils à appliquer de l’ingénieur deviennent alors sa capacité d’ingenium à se modéliser, y compris par le truchement de figures mythiques suggestives comme celle d’Héphaïstos.

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