Systèmes Naturels, Systèmes Artificiels

Note de lecture par LE MOIGNE Jean-Louis

L'étonnante fécondité du concept de système tient sans doute à sa vertu modélisatrice : le naturel et l'artificiel, que si volontiers l'analyse oppose, ne se conjoignent-ils pas dès lors qu'on cherche à les entendre "comme et par un système en général" . F. Tinland (qui, on s'en souvient peut-être, nous avait introduit à la réflexion de Spinoza sur l'unité de complexe, lors du Séminaire MCX de juin 1989), a eu l'heureuse idée d'organiser une réflexion collective sur ce fascinant processus par lequel l'humain se forme et s'autonomise par la conversion de "naturel" en "artificiel", par la conjonction ineffable de la Nature et de l'Art. Les textes de H.Barreau, Ph. Breton, J.P. Desclès, G. Hottois, J.B. Grize, R. Guedj, J.L. Le Moigne, P. de Latil, P. Livet, F. Meyer, J. Voge, et quelques chercheurs du CIRCESS de Strasbourg nourrissent une méditation sur l'intelligibilité systémique de la complexité qui irrigue aisément les recherches du programme MCX.

Peut-être faut-il rappeler ici un précédent ouvrage de F. Tinland, publié en 1988, dont il nous avait livré quelques pages au Séminaire MCX de 1989 : "Droit Naturel, Loi civile et souveraineté à l'époque classique" : lorsque "l'homme naturel" devient "citoyen", il lui faut convevoir une "ingénierie de la chose publique", "invention d'un ordre différent de l'ordre naturel" ; apprendre donc... à modéliser des systèmes socio-techniques complexes !