Projet professionnel, formation et alternance. Essai de socio-pédagogie appliquée en milieu sanitaire et social

Note de lecture par LE MOIGNE Jean-Louis

Le concept de "projet professionnel" que veut présenter, argumenter et illustrer ici P. Peyré est sans doute un concept fort bienvenu aujourd'hui. Mais en chargeant le titre de son essai consacré à l'exploration de cette "interface entre l'individu et l'institution" de plusieurs autres connotations incidentes, je crains qu'il ne dissuade nombre de ses lecteurs potentiels : s'ils ne sont pas spécifiquement exposés à une "socio-pédagogie de formation en alternance appliquée au milieu sanitaire et social", prendront-ils le risque de s'intéresser à cette réflexion qui ne les concernent pas explicitement ? Ce qui sera dommage. Car le projet professionnel est un bon catalyseur a priori universel, susceptible d'aider chaque citoyen à élaborer sa propre stratégie de solidarisation intelligente et responsable dans les communautés au sein desquelles il vit et agit. Même s'il s'abandonne un peu trop au discours du maître qui expose un savoir fait ailleurs qu'il va falloir que l'élève "applique", l'essai de P. Peyré est si chaleureusement cultivé et argumenté qu'il aidera, j'en suis sûr, ses lecteurs à mieux réfléchir à leurs propres projets. En définissant le projet professionnel à l'aide de la métaphore de "la surface de l'eau", dont Léonard de Vinci disait "qu'elle n'appartient ni à l'air, ni à l'eau"... et que pourtant on peut modéliser et utiliser, il nous invite à entendre cette démarche dans sa complexité. J'aime moins son appel aux "forces vives" de la société... sans doute parce que le néologisme suggère une cruelle symétrie : les forces non-vives... c'est toujours les autres !... ; et parce qu'il incite à réduire le "projet pédagogique" à sa seule "fonction éducative" (p. 236), alors qu'il se veut plus complexe, tout le livre le montre bien.

JLM