Paul Valéry, l'aventure d'une oeuvre

Note de lecture par LE MOIGNE Jean-Louis

Ce petit essai mérite-t-il une place dans notre bibliothèque des sciences de la complexité. J'aurai quelques difficultés à argumenter ce choix s'il ne nous rappelait une des fonctions que P. Valéry proposait à la lecture : elle peut être un excitant sans être encore un aliment de la pensée. Et qui sera surpris de rencontrer dans une médiation sur l'oeuvre de P. Valéry, un excitant presque grisant pour le développement de la pensée complexe. Ne nous proposons pas ici un nouvel exercice de critique d'une critique littéraire et philosophique (chaque valérianiste y va volontiers de sa propre contribution... L'affaire serait embarrassante s'ils étaient très nombreux, mais nous n'ensommes pas encore là cinquante ans après la mort de P. Valéry). Préférons plutôt l'invitation à quelques riches re-lectures des pages sur "la fonction de RE et du SE RE : se retrouver, se reconnaître...", sur "l'attention au faire plutôt qu'au fait", sur "la quête de la manoeuvre plutôt que de l'oeuvre achevée", sur l'immense "fiducia", artifice du symbole de la confiance, sur laquelle nous reposons si souvent, et sans rigueur intellectuelle aucune, nos raisonnements et nos jugements : "Tout ce virtuel dont nous parlons, l'implexe" !... Autant d'excitants pour "l'aventure humaine" de la Pensée Complexe... autant de prétextes à reprendre d'autres beaux textes de bons valéryanistes tels que celui de P. Signorile "Paul Valéry, Philosophie de l'Art" (Ed. Vrin, 1993) que l'on évoque dans ce même Cahier MCX n- X.