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Cette rubrique rassemble des textes et des études rédigées par les membres du Conseil Scientifique du Réseau Intelligence de la Complexité (MCX-APC), documents dont la portée est dans l'ensemble générale et épistémique : Il s'agit d'aviver notre Intelligence Collective de la Complexité en " restituant aux phénomènes toutes leurs solidarités ", en contribuant à la permanente régénération de nos cultures civilisantes.

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Le rôle constitutif de l'organisation discursive et interactionnelle dans la construction du savoir scientifique

Un document du programme européen M.C.X./A.P.C.

 

 

Le rôle constitutif de l'organisation discursive et interactionnelle

dans la construction du savoir scientifique

 

Lorenza Mondada

Romanisches Seminar, Basel Universität, Stapfelberg 7/9, CH 4051 Basel

fax +41-61-267.12.86, e-mail: mondada@ubaclu.unibas.ch

 

 

 

 

1. Préambules

1.1. Lorsqu’on réfléchit aux rapports complexes entre dire et savoir, il est utile d’expliciter d’une part quels sont les présupposés qui fondent les conceptions en jeu du dire et du savoir et d’autre part quels sont les matériaux empiriques à partir desquels ces présupposés sont matérialisés dans des analyses. Ce travail d’explicitation est important dans la double mesure où ces termes ont été utilisés dans le cadre de traditions disciplinaires et philosophiques très diverses et où la condition d’une approche rigoureuse nous semble reposer sur l’exigence d’articuler une position théorique claire à une réflexion analytico-empirique cohérente avec elle.

1.2. Dans un premier temps, nous allons donc distinguer deux conceptions du discours - une conception représentationnelle et une conception praxéologique - qui permettent de formuler chacune une conception spécifique du savoir et nous allons montrer les conséquences et les enjeux de leurs différences. Nous développerons la seconde option, en indiquant trois champs disciplinaires qui à notre avis la développent de façon intéressante et en explicitant les dimensions constitutives qui caractérisent le dire et le savoir comme des faire situés. Nous insisterons sur le type d’observations empiriques qui informent cette conception et sur le type de démarche analytique qu’elles exigent.

1.3. Notre champ de réflexion concernera les activités professionnelles de chercheurs scientifiques: c’est en effet un domaine heuristique où les conceptions du discours et de la connaissance ont fait l’objet de nombreux débats et controverses et où les pratiques observables des acteurs permettent d’analyser des processus complexes où s’imbriquent savoirs constitués et savoirs en voie d’élaboration, évidences discursives et remises en question, constructions discursives d’objets de savoir au cours d’actions et d’interactions, actions à la fois planifiées et contextuellement organisées.

2. Deux conceptions du discours

2.1. Invoquer la pertinence du discours pour mieux comprendre les processus de constitution du savoir ne suffit pas pour obtenir une réflexion cohérente et originale sur leur articulation. En effet plusieurs conceptions du discours sont susceptibles d’intéresser également des conceptions correspondantes du savoir.

2.2. On peut distinguer une conception représentationnelle ou informationnelle du discours, qui le pense comme un véhicule neutre de contenus pré-existants, et une conception praxéologique du discours, qui le considère comme instaurant sa propre réalité (Mondada, 1998). Alors que la première conception fonctionne selon un modèle cartographique qui établit un lien de correspondance entre un monde donné et sa représentation, la seconde considère que le discours et la situation dans laquelle il est énoncé s'imbriquent étroitement et réciproquement: le discours n'est ni copie du monde ni simple émission de mots disjoints de lui, mais a une efficace performative - qui s'exprime notamment dans sa capacité à réifier ce qu'il dit.

2.3. La conception représentationnelle du discours s’articule à une vision du savoir spécifique: elle repose sur l’autonomie du savoir, du monde et du langage et sur leur mise en relation en termes de correspondance: le langage est un moyen transparent qui encode une pensée exercée sur des objets pré-existants, stables, immuables, qui attendent d’être découverts. La puissance du langage est évaluée selon sa capacité à faire correspondre au mieux les mots et les choses et donc selon sa capacité à s’effacer devant ce qu’il représente. Cette conception donne lieu à une méthodologie qui considère l’observateur et la configuration des objets observés par l’observation comme des biais que les dispositifs techniques de l’enquête scientifique doivent dissiper.

Cette vision du langage est fortement enracinée dans la culture occidentale. Une de ses origines est la croyance que les noms dérivent des choses, selon la théorie iconique du langage défendue par Cratyle chez Platon. Elle se renforce particulièrement au moment de notre modernité, dans l’épistémé classique (Foucault, 1966), et lorsque l'idéal spéculaire de la connaissance s'affirme le plus clairement - lorsque connaître c'est se représenter adéquatement ce qui est en dehors de notre esprit; la tâche de la théorie de la représentation est alors de comprendre quelles sont les conditions de possibilité de cette connaissance (Rorty, 1979).

On trouve une manifestation particulièrement claire de cet idéal représentationnel du langage dans les langages idéaux, à commencer des caractères réels de Bacon et jusqu’aux langages artificiels crées par les logiciens du 20e siècle. L’invention de ces langues parfaites (Pellerey, 1992; Eco, 1993) va souvent de pair avec un projet scientifique, dont le but est un savoir universel, organisant les savoirs existants mais aussi les savoirs possibles, eux-même cartographie du monde, de ses propriétés et de ses relations. Tel est le cas par exemple de Leibniz, qui hérite en cela du projet de John Wilkins, le secrétaire de l’influente Royal Society, dans la deuxième moitié du 17e siècle, qui proposa, outre son propre système de caractères réels, une réforme de la prose scientifique de son époque (Dear, 1985). Ces quelques remarques montrent l’ancienneté de la question des choix linguistiques et discursifs rapportés à des exercices particuliers du savoir.

2.4. Une conception alternative à la vision représentationnelle du langage scientifique émerge de la prise en compte des dimensions que celle-ci ignore ou considère comme marginales. Une conception interactionniste et praxéologique de la communication la conçoit comme constitutivement liée aux situations où elle se déroule, comme émergeant au fil d'un travail de négociation, de construction interactive, d'élaboration collective, comme s'ordonnant de façon endogène au cours de son accomplissement pratique. Cette conception auto-organisationnelle traite les objets de discours, les compétences, les interlocuteurs, les contextes comme n'étant pas pré-définis ou donnés à l'avance, mais comme se constituant mutuellement et localement: elle ne repose pas sur le présupposé d'un monde objectif et stable, mais sur celui d'une intersubjectivité elle-même à construire. Alors que la première conception tend à faire de la communication un produit stabilisé sinon statique, la deuxième la considère comme un processus dynamique et indexical.

Cette deuxième conception permet d’élaborer une autre vision du savoir: celui-ci est élaboré dans l’activité discursive elle-même, au cours de laquelle les participants - même lorsqu'ils ne sont pas d'accord - élaborent ensemble des objets de discours, qui, loin de préexister à la communication, émergent d'elle, se modifient et s'ajustent localement selon sa dynamique. On parle donc moins d'objets du monde auxquels on réfère, que d'objets de discours que l'on construit (Mondada, 1995).

2.5. Ces deux conceptions permettent ainsi deux articulations différentes du dire et du savoir, qui considèrent le discours de la science de façon divergente: en effet, celui-ci se présente pour la première comme dégagé des contingences du contexte et comme rapportant des découvertes de faits préalables et indépendants - comme si c'étaient les faits qui inspiraient la description scientifique. Si, par contre, on adopte la deuxième conception, on considèrera que le discours scientifique définit, construit, accomplit les faits de la nature, y compris leur naturalisation.

3. Quelques domaines de référence

3.1. Cette approche praxéologique de l’articulation du dire et du savoir est au centre de plusieurs projets contemporains, qui en développent les enjeux et donnent corps aux redéfinitions qu’ils entraînent. Parmi eux, nous mentionnerons particulièrement les travaux portant sur la cognition située et distribuée, les études sociales des sciences et les analyses des activités professionnelles proposées par l’ethnométhodologie. Ces trois domaines fournissent des pistes de réflexion qui se situent souvent de façon polémique et radicale vis-à-vis de démarches plus classiques et offrent des modes d’appréhension cohérents et rigoureux de terrains empiriques.

3.2. L’étude de la cognition située et distribuée effectue théoriquement et pratiquement une critique d’une vision idéalisée, rationaliste et abstraite de la cognition: ainsi Lave (1988) montre que les activités de raisonnement arithmétique ne suivent pas des règles universelles nécessairement partagées par ceux qui les performent, mais que des différences radicales se glissent entre les modalités pratiques d’accomplissement de tâches arithmétiques - que ce soit chez une mère de famille faisant ses courses au supermarché, une jeune femme contrôlant les calories de son alimentation, de très jeunes vendeurs sur les marchés africains. Lave montre qu’il s’agit d’activités situées, sensibles à leur contexte social et spatial et aux occasions qu’il fournit, donnant lieu à des pratiques spécifiques, irréductibles entre elles (comme le montrent les échecs subi lors de tests par des acteurs tout à fait efficaces dans leur contexte d’action).

La cognition située met en cause une cognition abstraite qui échapperait aux contingences du contexte; elle met aussi en cause une cognition qui n’appartiendrait qu’aux individus et qui ne s’inscrirait que dans leurs esprits. La cognition distribuée prolonge en effet les premiers travaux de Lave dans le double sens de la pertinence des collectifs, des interactions, des relations intersubjectives et donc de la publicisation, de l’inscription, de la matérialisation de la cognition. Ceci explique l’intérêt pour des situations complexes de travail, caractérisées à la fois par des interactions sociales et par la lecture et l’utilisation de dispositifs technologiques et sémiotiques sophistiqués - que ce soit le cas des activités des pilotes dans leur cockpit (Hutchins, 1996), des activités dans une salle de contrôle d’un aéroport (Suchmann, 1996) ou du travail dans un centre de contrôle du métro londonien (Heath & Luff, 1996). Toutes ces études de cas s’intéressent à l’accomplissement d’actions à travers une coordination étroitement synchronisée entre les acteurs, à la médiation de technologies de l’information et de la communication, à la manipulation d’appareils techniques, à la consultation d’inscriptions visuelles ou scriptuelles.

3.3. Les études ethnographiques et sociales des laboratoires scientifiques (social studies of science) se sont elles aussi penchées sur des activités professionnelles complexes, situées et distribuées. Elles aussi ont contribué à une respécification du savoir scientifique, en faisant la critique de son approche en termes d’idées, d’hypothèses, de vérifications d’énoncés théoriques, pour insister au contraire sur la centralité des pratiques ordinaires des chercheurs. Ces pratiques sont elle aussi occasionnées, indexicales, à toutes fins pratiques - contrairement à l’image qui en est donnée de façon idéalisée dans les rapports officiels de recherche et les articles scientifiques, qui leur réattribuent des cohérences selon des schémas narratifs normatifs censés structurer la recherche. La vie de laboratoire, telle que documentée par Latour & Woolgar (1979), par Knorr-Cetina (1981) ou par Lynch (1985), est au contraire faite de manipulations d’objets ou d’appareils - caractérisant la paillasse, où les acteurs ont affaire avec la singularité des situations, avec des circonstances qui demandent des pratiques échappant à une formulation générale et donc aux instructions, aux manuels, aux protocoles -, de production et utilisation de textes et d’inscriptions visuelles de toutes sortes, allant des rapports d’expérience, aux courbes obtenues par des mesures, aux notes personnelles, aux brouillons d’articles, à la littérature publiée; d’interactions verbales au cours desquelles des phénomènes sont constitués en faits et en évidences de ces faits ou bien recalés au rang d’artéfacts ou de phénomènes non publiables.

Ces terrains permettent d’observer une articulation spécifique entre pratiques langagières et pratiques cognitives: les faits scientifiques émergent littéralement de ces pratiques incarnées, élaborés entre autres dans et par la matérialité du discours de la "science en train de se dire et de se faire". Une façon de les analyser consiste à traiter les objets de savoir comme étant des objets de discours, i.e. des objets qui sont construits, proposés, négociés, modifiés, refusés ou ratifiés dans et par les pratiques sociales du laboratoire (Mondada, 1994).

3.4. Les études ethnométhodologiques des situations de travail (ethnomethodological studies of work) ont participé à l’élaboration des deux domaines précédemment cités. Leur objet est la production locale, détaillée et reconnaissable du caractère ordonné des activités pratiques; le déroulement temporel incarné des raisonnements et des actions qui constituent leur haecceity , i.e. ce qui les constitue en tant qu’événement unique (Garfinkel, 1988, Lynch, 1993). En tant que tel ce dernier échappe à une descriptibilité générique, qui non seulement exclut les procédures non-canoniques constitutives du travail des scientifiques - disponibles uniquement par une observation du travail tel qu'il est achevé localement - mais considère en outre ce travail comme étant non problématique. Or, la production incarnée d'un objet est irréductible à une description de ce travail: alors que l'objet renvoie à la pratique incarnée de sa découverte, la description renvoie à la façon dont cette découverte a été présentée (Lynch & Livingston & Garfinkel, 1983).

Cette tradition de travaux a à la fois reconnu l’importance constitutive de l’interaction verbale dans l’accomplissement du travail scientifique (comme le montrent les analyses du "shop talk" de Lynch, 1985) et exclut la réduction de toute activité pratique à une activité conversationnelle, même lorsqu’elle comporte la présence d’une parole structurée (Bjelic & Lynch, 1992).

3.5. Ces approches constituent un champ où de nombreuses convergences sont observables et qui permet de reformuler les rapports entre dire, savoir et faire en mettant en avant la centralité des activités pratiques. Ce sont elles qui permettent de penser et surtout d’observer l’accomplissement de faits, de descriptions, de raisonnements. Ce sont elles aussi qui permettent d’effectuer une critique radicale d’une conception des acteurs comme agents intentionnels s’engageant dans l’action en ayant des informations suffisantes et nécessaires, en la programmant de façon rationnelle et calculatrice. Elles offrent une vision alternative, où les acteurs s’engagent dans leurs activités en en donnant éventuellement des raisons (accounts) qui contribuent à les structurer mais qui ne peuvent pas être utilisées pour en construire des explications objectives (Garfinkel, 1967), où les plans des activités projetées sont souvent formulés et utilisés ad hoc et post hoc pour donner après coup une cohérence à l’action (Suchmann, 1987), où les finalités sont moins des buts rationnels généraux que des fins pratiques fortement dépendantes du contexte de l’activité (Garfinkel, 1967). A une vision de l’action dont l’organisation serait basée sur la capacité à programmer, elles opposent une vision de l’activité qui s’auto-organise dans les ajustements multiples et contingents avec les autres interactants, avec les objets, avec le contexte.

4. Observer les imbrications constitutives entre faire, dire et savoir

4.1. Une conception praxéologique du dire et du savoir identifie comme objet de l’analyse des pratiques et des procédures. Ceci signifie qu’au lieu de privilégier une vision du langage comme code, comme système, elle invite à se pencher sur les activités langagières indissociables de leurs contextes sociaux; au lieu de privilégier une vision substantielle et idéalisée du savoir, elle appréhende des raisonnements pratiques incarnés. Au lieu de parler d’articulations entre dire et savoir, elle invite à penser plutôt l’unité du faire, du dire et du savoir (cf. Sharrock & Watson, 1990).

4.2. Une telle approche peut être qualifiée de constructiviste (mais le terme est plurivoque, cf. Mondada, à paraître) et d’émergentiste, dans le sens où les objets de savoir, en tant qu’objets de discours, apparaissent en étant accomplis interactionnellement dans des activités pratiques, au cours desquelles s’élaborent des formes, des objets, des catégories, des pertinences, des intelligibilités.

L’interaction sociale est une dimension fondamentale de cet accomplissement, dont l’ordre aussi n’est pas déterminé par un quelconque dispositif a priori (normatif par exemple) mais émerge au fil de son déroulement temporel, de façon locale et endogène.

4.3. Le caractère auto-organisé, i.e. l’importance constitutive des processus locaux et endogènes, exploitant l’indexicalité irrémédiable des activités et de leur ordre, met au centre de l’attention le contexte des activités (Garfinkel & Sacks, 1970). Celui-ci se constitue réflexivement, au sens où à la fois les acteurs s’ajustent à lui et, ce faisant, rendent pertinents certains traits plutôt que d’autres qui contribuent à le catégoriser comme tel. Dans ce sens le contexte configure l’action, puisque ses dimensions pertinentes sont procéduralement conséquentielles pour elle, qui s’organise les en rendant reconnaissables.

4.4. Ces caractéristiques appellent une approche empirique qui, comme dans les trois domaines cités ci-dessus, s’attache à l’observation in situ des activités et se donne les moyens de documenter les détails de leur déroulement temporel et contextuel, de leurs coordinations et synchronisations, de leurs orientations vers telle ou telle catégorisation pertinente.

5. Bibliographie

Bjelic, D., & Lynch, M. (1992). The work of a (scientific) demonstration: respecifying Newton’s and Goethe’s theories of prismatic color. In G. Watson & R. M. Seiler (Eds.), Text in Context: Contributions to Ethnomethodology (pp. 52-78). Newbury Park, CA: Sage.

Dear, P. (1985). Totius in verba. Rhetoric and authority in the Early Royal Society. ISIS, 76, 145-161.

Eco, U. (1993). La ricerca della lingua perfetta. Bari: Laterza.

Foucault, M. (1966). Les mots et les choses. Paris: Gallimard.

Garfinkel, H. (1967). Studies in Ethnomethodology. Englewood Cliffs, N.J.: Prentice-Hall.

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Knorr-Cetina, K. (1981). The manufacture of knowledge: An essay on the constructivist and contextual model of science. New York: Pergamon.

Latour, B., & Woolgar, S. (1979). Laboratory life: The social construction of scientific facts. London: Sage.

Lave, J. (1988). Cognition in Practice: Mind, Mathematics, and Culture in Everyday life. Cambridge: Cambridge University Press.

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Mondada, L. (1998*). De la représentation aux formes émergentes des pratiques socio-cognitives. In J.-P. Müller (Eds.), Les modèles de représentation: quelles alternatives? Actes du colloque de Neuchâtel, 3-5 septembre 1997 Paris: Hermès.

Pellerey, R. (1992). Le lingue perfette nel secolo dell’utopia. Bari: Laterza.

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Suchman, L. (1987). Plans and Situated Actions: The Problem of Human Machine Communication. Cambridge: Cambridge University Press.

Suchman, L. (1996). Constituting shared workplaces. In Y. Engeström & D. Middleton (Eds.), Cognition and Communication at Work (pp. 35-60). Cambridge: Cambridge University Press.

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