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Thème : Esthétique Art & Science

  • 3 ateliers

    Atelier 21 - "Arts, société et complexité"
    animé par SIGNORILE Marc, SIGNORILE Patricia

    Arts, Société et Complexité : vers un réseau « ...Tout est en présence, tout en échanges mutuels et modifications réciproques »
    Paul Valéry, Cahiers, ed. C.N.R.S., Vol. XIII, p. 273 "Les signes figuratifs surgissent non par rapport à une description du réel mais comme témoin de systèmes mentaux"
    P. Francastel, études de sociologie de l'art, Denoël/Gonthier, p, 68 L'univers des pratiques artistiques, les réflexions sur celles-ci et les oeuvres produites, sont perçues - soit intuitivement, soit de façon plus rationalisée - dans les perspectives d'une enrichissante complexité... En effet, les pratiques, leurs objets et les multiples actants, chaque élément étant considéré dans sa singulière altérité et dans son devenir, relèvent de phénomènes interactifs précisément indénombrables qui justifient les expériences modélisatrices menant à l'élaboration d'une vision d'ensemble mais toujours en devenir. Ce qui pourrait alors sembler contradictoire à un esprit positiviste pose ainsi le paradoxe fondamental de l'intelligence de la complexité et contribue à en assurer les bases épistémologiques. Cet atelier repose sur des réflexions paramétrées par les multiples champs de recherche induits par les phénomènes de création et en particulier de création artistique. Ces réflexions devraient permettre de préciser les fondements épistémologiques des différents domaines de la création artistique envisagés dans leurs implications transdisciplinaires, portant ainsi au jour une nouvelle définition des enjeux scientifiques. Les sciences sociales, les sciences humaines, les sciences exactes et les procès de création artistique offrent trop de proximités dans leur projet et leur objet pour que l'on hésite à en tirer profit. L'interaction complexe entre les savoirs et les faires génère une réflexion qui à son tour produit de nouvelles formes de connaissances qui contribuent à rendre le monde pensable et habitable. « Science et art sont des choses inséparables » écrivait Valéry (Cahiers III, 779, ed. CNRS)... Cet argument essentiel oriente vers un type de réflexion qui ne sacrifierait ni à un repli disciplinaire frileux ni à un oecuménisme hésitant et de convention. L'argument, résolument pluridisciplinaire et ouvert, conduirait à comprendre comment une vision globale des choses peut être atteinte sans se clore dans le particularisme des disciplines et comment celles-ci peuvent valablement collaborer entre elles pour innover. Le propos pourrait donc tout entier se réclamer d'un précepte de Léonard de Vinci, qui recommandait, dans une des leçons réunies dans le Traité de la peinture, de chercher, dans l'objet singulier, la manière spécifique dont se dirige à travers sa matière une ligne flexueuse qui est comme son axe générateur. Ce projet symbolique de créer, à travers un champs de signes, une forme, un système de forces qui fassent trait dans le chaos, mérite d'être considéré pour penser autrement les liens qui unissent les domaines de connaissances et leurs structures protocolaires. Tous les créateurs, dans leur action polymorphe et singulière, décident de transformer l'existence par l'intelligence vécue. Ces deux aspects complémentaires et inséparables cessent de renvoyer dos à dos l'épaisseur temporelle et le devenir présent pour mener à comprendre que tous les créateurs cheminent sur ces deux dimensions. Dès lors, comment peut-on parvenir à doter la connaissance d'un fondement scientifique qui soit à la fois empirique et formel à partir d'une recherche dont le créateur est à la fois objet et sujet ? Ne s'agit-il pas de renouer avec cette antique expérience que rappelait Valéry « Arts et sciences sont inséparables » ? Dans l'acte de création, la Poïese, sait-on relever des différences autres que nominales entre les manoeuvres intellectuelles de l'artiste et du scientifique ? A partir du signe construit ou décidé, ne s'agit-il pas de retrouver la pluralité des sens, la métaphore des mécanismes de l'esprit, le pro-jet ? Ainsi, à travers les contributions des membres de l'atelier, pourront être explorés les multiples facettes de cette fascinante interaction qui relie et transforme sans cesse Poïesis et Epistemé, l'acte de créer et l'acte de signifier.

    Forum

    Atelier 36 - "Entendre l'esthétique dans ses complexités"
    animé par LESTOCART Louis-José

      Cet Atelier-Forum  viserait à éclairer  l'interprétation d'oeuvres artistiques à laquelle chacun s'exerce volontiers, par l'établissement d'une théorie générale de l'art dans ses rapports avec la recherche scientifique passée et actuelle. Ce sera surtout en s'intéressant aux oeuvres couvrant tout le XX° S, qui peuvent comprendre peinture, cinéma, cinéma expérimental, installations, vidéo, installations interactives, art sur Internet, art numérique, musique, arts de la scène et leur développement technologique, etc ... oeuvres qui, paradoxalement, nous sont souvent moins familières. Cette interprétation, qui peut aussi se nourrir des richesses des siècles antérieurs, emprunte les chemins des théories de la Complexité en tentant d'établir une typologie des oeuvres d'art en relation avec les principaux types d'émergence (effets de seuil, emboîtement des formes, organisation autopoïetique, boucle rétroactive, phénomènes réflexifs ou récursifs d'une construction interactive avec un environnement, etc.)             En 1986, lors du Colloque International de Tsukuba (Japon), Sciences et symboles, les Voies de la connaissance, Henri Atlan, biologiste et auteur d'une théorie de la complexité et de l'auto-organisation s'interroge sur le sens dans une communication intitulée Créativité biologique et auto-création du sens. « En général pour parler de créativité, on parle souvent de génie, d'inspiration, de Vie avec un grand V. On envisage ainsi la créativité intellectuelle et artistique du point de vue de la vie intérieure des hommes créateurs, telle qu'on l'imagine à partir de récits biographiques et introspectifs sur les circonstances dans lesquelles une oeuvre a été créée. Je veux envisager les choses d'une autre façon, dont je ne crois pas qu'elle épuise le sujet (...)ce qui va nous occuper maintenant, ce n'est pas tellement l'expérience intérieure de la créativité que l'observation de ce que « du nouveau » peut survenir dans la nature (...) » René Thom et Francisco Varela, tous deux présents à Tsukuba, se sont illustrés sur cette même question de l'auto-création du sens. L'un dans le champ des mathématiques et de la morphogenèse ; l'autre dans la cybernétique, la biologie, l'épistémologie et le cognitivisme. Varela par exemple a élaboré une doctrine générale des formes, à la fois pour les systèmes biologiques et les systèmes cognitifs. En ce qui concerne la créativité, il est l'auteur d'un beau texte, Le cercle créatif  (in L'Invention de la réalité de Paul Watzlawick et alii) qui, liant mathématique, biologie et art, fixe une méthode de pensée et d'analyse, à partir du thème de la Circularité, sur ce que peut être la conception d'une oeuvre. Jean Petitot, de même, dans Morphologie et Esthétique, étudie à partir du « potentiel organisateur » de la théorie des catastrophes de Thom, certains rapports de la morphogenèse mathématique et biologique avec la littérature et la philosophie.          Néanmoins si ces chercheurs se sont bien préoccupés d'" entendre l'esthétique dans ses complexités", parfois à grands renforts de Goethe, de Lessing et de Kant (3° Critique), aucun d'eux ne s'est soucié de l'art contemporain. Et inversement, pratiquement aucun historien d'art français, encore (tout comme les critiques d'art) sous l'emprise de ses propres statues et quelles statues ! Benjamin et Adorno, auxquelles s'ajoute Deleuze invariablement-, ne s'est jusqu'ici réellement doté d'une vision épistémologique, absente des esprits depuis Gombrich, voire Panofsky. La récursivité formulée en 1931 par Kurt Gödel n'a été, par exemple, jamais prise en compte dans l'approche de l'art contemporain, alors qu'il est évident que celle-ci y est intimement liée. Elle, avec d'autres thèmes comme la boucle rétroactive de Wiener, demeure une des composantes essentielles de sa construction. Cet art ne peut se concevoir que comme espace cognitif et réflexif,  et cela dès La Mariée mise à nu par ses célibataires, même (le Grand verre, 1915-1923) de Marcel Duchamp qui, à cet égard, fait figure de précurseur.          A ma connaissance, il n'existe pas d'ouvrage en langue française associant les théories de l'émergence et de la complexité directement avec l'art et l'histoire de l'art du XX° siècle (si ce n'est articles et communications épars). En ce domaine, on peut même parler de « retard ».          Cet Atelier -Forum  au sein du Réseau INTELLIGENCE de la COMPLEXITE - R.I.C vise donc à combler cette lacune et à s'interroger sur les anciens comme les plus récents développements d'une recherche scientifique et épistémologique dont l'art reste inséparable. « Dans le total, arts et sciences sont inséparables », disait Paul Valery. Ce qui est d'autant plus vrai aujourd'hui avec l'ère des nouvelles technologies. Mais déjà, historiquement, sont nées des manifestations, des pensées, des partis pris finalement peu éloignés de la sensibilité que l'on veut montrer ici. Ainsi le système C/E/M (Corps/Esprit/Monde) que Valéry décrit dans ses Cahiers, est une sorte d'artefact conceptuel, de « machine universelle » heuristique ; un système auto-organisé par l'organisme, via le cerveau, par laquelle le poète veut apprendre à ne plus opposer les principes art, science et connaissance.             Réfutation du réductionnisme mécaniste (stratégie top-down), l'émergence  (stratégie bottom up) conceptualise scientifiquement que l'addition de plusieurs éléments n'est pas toujours égale à leur somme. Cette approche, à mon sens, offre une interprétation beaucoup plus riche pour certaines oeuvres artistiques « complexes » historiques.             On connaît peu Kandinsky sous son rapport au théâtre. Il est pourtant l'auteur, dans les années 20, de plusieurs « Compositions » sur lesquelles il écrit et théorise, qui sont des sortes de pièces-« morphogenèses », explorant une « collaboration entre les arts ». Ecriture, lumière, couleurs, acteurs, danses, bruits et musique y deviennent « agents » d'une création à la fois aléatoire et orientée.             A la même époque, Lazlo Moholy-Nagy concourt avec certains autres artistes comme le Russe Naum Gabo, et l'Allemand Ludwig Hirschfeld-Mack à l'éclosion d'un art cinético-lumineux (véritables systèmes mis en scène et protoVirtuel) en même temps qu'il prône un Théâtre de la Totalité résultant, là aussi, d'une addition d'éléments hétérogènes.             Kurt Schwitters à Hanovre, construit sur la forme de la sonate, mais uniquement via des sons phonétiques, pré-syllabiques ou des sons émis, formés par la bouche sous forme d'onomatopées, une  Ursonate (Ur Lauten Sonate, 1921) en quatre mouvements d'une durée de 40 minutes. Dans ce travail de déconstruction du langage, il invente une certaine musique concrète contemporaine. Mais il fait bien plus, car, par ses installations-morphogenèses, comme les MerzBauen (ensembles architecturaux  domiciliaires en bois blanc et en plâtre) et son Théâtre Merz, il suscite déjà le principe d'une auto-organisation. Principe initié par le seul mot Merz qui engendre continûment peintures, musique, poèmes, installations, comme autant d'oeuvres en devenir basées sur une Théorie des assemblages. Tout se passe comme si ces emboîtements de Schwitters décidaient de propriétés émergentes n'existant pas dans chaque élément séparé.             Plus tard, le musicien John Cage, à travers ses Systèmes/De-systèmes musicaux et ses expériences de Hasard (Hasard et « Chaos »), crée des pièces-happenings dont le Theater Piece No. 1 (1952) ou encore le dispositif électroacoustique et morceau polyradiophonique de l'Imaginary Landscape Number Four ou March n° 2 (Le paysage imaginaire n° 4, 1951), qui instaurent des  composants divers pouvant interagir à la fois sériellement et parallèlement, de manière à engendrer des effets et événements aussi bien simultanés que séquentiels. Ces pièces ramènent aux boucles rétroactives, aux phénomènes réflexifs ou récursifs d'une construction interactive avec l'environnement et avec le ou les spectateurs-observateurs.             Principe auquel se réfèrent les installations de l'Ecole de New York de la fin des années 50, l'art vidéo, l'art en « espace partagé » d'un Fred Forest et de quelques autres et enfin les installations interactives contemporaines, la Réalité Virtuelle, les dispositifs immersifs des CAVEs.             Notre investigation pourrait ne pas s'arrêter là. Car pourquoi ne pas se pencher sur la littérature dite baroque (l'écrivain cubain José Lézama Lima, théorisant lui-même ses formes d'écritures complexes, dont l'hypertélie), sur un cinéma réclamant une lecture épistémologique comme celui de Tarkovski, sur certaines expériences du cinéma numérique empreintes de pensée leibnizienne et auto-organisées (Time Code, Mike Figgins, 1999) ou même sur la composition musicale contemporaine dans son ensemble ; la mieux servie en France en terme d'approche complexe. Cela pouvant entendre également le turntablisme (dispositif à deux platines) des musiques techno et hip-hop.          Tout en donnant ces exemples nous avons parfois confronté ces formes d'art à différents modèles d'émergence. Ce sera un des buts de cet Atelier -Forum  " Entendre l'esthétique dans ses complexités" : établir une vision renouvelée des thèmes de l'émergence et de la complexité dans leurs rapports avec l'esthétique et la création artistique. Projet qui s'inscrit dans la réalisation d'une typologie des formes d'émergences en rapport avec certaines oeuvres d'art. Chercheurs, artistes et citoyens ne peuvent-ils s'associer en participant à une intelligence effective de la construction de telles « réalités » que nous nommons « artistiques » ?

    Atelier 37 - "Complexité à l'oeuvre : musique, musicologie, spectacle vivant"
    animé par DARBON Nicolas

    « Les artistes ne peuvent rester indifférents à un champ scientifique qui bouleverse nos visions de façon si profonde. »  (Jean-Claude Risset, compositeur, médaille d'or du CNRS)             Yves Michaud et son encyclopédie « de tous les savoirs » dresse un état des lieux des sciences au tournant du millénaire. Il commence par le thème qui, à notre époque, semble le plus pertinent, le plus obsédant : l'étude de la Vie. Et c'est bien ce qui nous réunit ici : le spectacle vivant. Comment la pensée du Vivant pourrait-elle laisser indifférent la musique ou le théâtre qui sont tout à la fois émergence et intelligence ?             Tout le monde le sait : l'oeuvre se dérobe à l'analyse brute, aux chiffres et aux règles. L'oeuvre qui parvient à nos oreilles est déjà complexe ; le laboratoire de sa production est un « système ouvert ». Certes, l'examen minutieux des oeuvres est nécessaire. Mais comme un prélude à une réflexion sur le mystère de la valeur, du résultat sonore, de l'interprétation ou de la représentation. Le mystère comme objet scientifique.             Il semble donc utile de se doter d'outils adaptés à cette complexité de l'oeuvre. « Le squelette aux os verdis qu'on exhume d'une bière pourrie est plus « simple » que le vivant qui s'est couché dans la tombe, plein de force encore, parfois de vitalité. Mais c'est le vivant qui nous intéresse. C'est la vie dans sa complexité. » (Lucien Febvre)             L'histoire, l'analyse d'oeuvre, les sciences traditionnelles en musicologie ou en théorie du spectacle sont insuffisantes. Le scientisme, l'analytisme, le féodalisme et la parcellisation disciplinaire n'ont certes pas épargnés le domaine du spectacle vivant, en particulier la musicologie.             Cet atelier est ouvert aux nouvelles approches épistémologiques, de la systémique à l'herméneutique, de l'esthétique à la poétique (encore à inventer), des sciences de la réception à celles de l'invention...             En somme, la complexité à l'oeuvre sollicite toutes les tentatives interprétatives ayant en commun un certain sens de la reliance trandisciplinaire, une sensibilité aux interactions, à l'incertitude et à l'émergence. Edgar Morin offrent de tels outils : principes dialogique, récursif et hologrammatique... L'un des plus importants est la prise de conscience que l'observateur se retrouve dans son observation.  Attitude à la fois reliante et critique. Elle se fédère dans un « nouveau paradigme », mais en même temps elle n'est pas dupe des croyances, du prêt-à-penser, des idéologies et des habitudes réductrices.      Pour résumer, la Complexité sera entendue de deux manières : -          la complexité de l'oeuvre ; -          la complexité à l'oeuvre. 1. La première approche est la Complexité telle qu'elle se développe dans les oeuvres. Prenons l'exemple de la musique : Essl (autopoièse), Kyburz (systémique végétale), Pape (chaos déterministe), Miereanu (discontinuité), Risset, Ligeti, Nørgård, Murail (fractales)... Il est évident que certaines musiques populaires, traditionnelles ou amplifiées, ont elles-mêmes un rapport direct avec la Complexité, aussi bien que les musiques non « contemporaines ». 2. La seconde approche concerne le regard sur cet objet. Il reste à inventer une épistémologie de la science musicale, ou pour reprendre l'expression morinienne, une épistémologie complexe du musical. Il en va de même pour le concept de « spectacle vivant » dans son ensemble. L'un des objectifs de cet atelier serait de se demander si l'oeuvre existe « en soi », si elle est réductible au texte, en quoi elle cristallise une poétique et même, une nouvelle conception du monde.

  • 12 documents

  • LA SOCIETE ET LA COMMUNAUTE DES ENSEIGNANTS ET CHERCHEURS PARTAGENT AUJOURD'HUI LA CORESPONSABILITE DE LA POLITIQUE DE CIVILISATION (29-03-2009)
    Ecrit par : LE MOIGNE Jean-Louis
    Esthétique Art & Science
  • Journal souvenir du Grand Débat 2008 (10-01-2009)
    Ecrit par : VICTOR Sylvain
    Esthétique Art & Science - Bio Systèmes - Audition Vision & Perception
  • THEORIES DE LA « PRÉDICTION » L'INTELLIGIBLE CONNAISSANCE ESTHÉTIQUE (06-08-2008)
    Ecrit par : LESTOCART Louis-José
    Ce texte provient d’interrogations assez anciennes sur la perception. Certaines expériences empiriques personnelles, diverses sensations « étranges » ressentis lors d’exposition d’œuvres d’art, de visions de films ou de moments singuliers de la vie, m’ont amené à m’interroger sur certains phénomènes accompagnant la perception et l’entendement. Je me suis un peu tourné, il y a quelques années vers les neurosciences, à l’occasion d’une étude oculomotrice sur peintures originales de Francis Bacon,             Cette recherche épistémologique ne m’a cependant pas pleinement contenté. La perception, le ressenti devant certaines œuvres de Bacon, ou films ou vidéos ou films expérimentaux ne me semblaient pas prise réellement en compte par les approches cognitivistes habituelles. Qui plus est, cette étude, n'interrogeait pas la sensation de « futur » fortement éprouvée lors de ces perceptions ainsi que la notion d’empathie. Était aussi ancré en moi le fait que certaines œuvres d’art « représentaient » en quelque sorte ce que je pouvais subodorer : il existe en certaines œuvres d’art des parties cachées qu’une certaine perception dévoile de façon instantanée. D’autres rencontres m’ont  peu à peu m’entraîné sur des recherches sur les théories de la prédiction : la mécanique statistique et la théorie des probabilités dans les systèmes complexes et les expériences de Shalizi en particulier ayant amené à la production d’un filtre/algorithme permettant de « voir » ce qu’il peut résider derrière la notion de complexe.  Dans une idée de « Second Order Complexity », ces expériences réalisent des prédictibilités maximales sur le comportement des systèmes complexes.             Par ces nouvelles investigations, il commençait à devenir possible de proposer  l’hypothèse que les œuvres (en particulier images animées) contenaient des processus stochastiques internes ou figurés, se couplant avec des processus de même nature s’effectuant dans le cerveau de l’observateur, et que la rencontre des deux produisaient le  sens, l’interprétation, ce que l’on appelle sentiment esthétique.  Cette hypothèse un peu « pionnière» peut en dernier ressort, proposer d’autres éléments pouvant explorer sa pertinence, dont les neurones miroirs, découverts par le physiologiste et neuroscientifique, Giacomo Rizzolatti. Ces neurones miroirs ont la capacité d’imitation et de simulations des actions proposés, ils les calculent en quelque sorte, en dressent les probabilités, en dessinent le futur.             Pari pascalien ?
  • Trois Générations de Théories de la Complexité: Nuances et Ambiguïtés (31-05-2008)
    Ecrit par : ALHADEFF-JONES Michel
    Epistémologie de la Complexité - Education Formation - Esthétique Art & Science
    Le recours contemporain à la notion de "complexité" renvoie fréquemment à des démarches ayant tendance à unifier sa définition. En langue anglaise, sa réduction à une forme singulière (complexity theory ou complexity science) s'avère ainsi susceptible de masquer la variété des théories permettant de rendre compte des implications inhérentes au recours à cette notion. En prenant en considération à la fois les traditions de recherche latines et anglosaxonnes, associées à la notion de complexité, on suggère une approche plus nuancée, évitant la simplification de cette notion à certaines des conceptions dominantes qui y sont associées. Partant d'une approche étymologique, cet article propose d'envisager de façon chronologique l'émergence de trois générations de théories de la complexité; ce faisant, certains de leurs enracinements épistémologiques et socio-culturels sont introduits. Sur la base des ambiguïtés mises en évidence, on suggère finalement de concevoir les contributions renvoyant aux théories contemporaines de la complexité, au même titre que la remise en question de leur légitimité épistémologique et éthique, à partir des boucles et des dynamiques dont elles sont constitutives. Ce faisant, les chercheurs et les praticiens devraient considérer leurs pratiques en tant que processus d'apprentissage dont la complexité renvoie autant aux transformations qu'ils étudient ou provoquent, qu'aux transformations inhérentes aux systèmes de représentations auxquels ils ont recours pour les conceptualiser.
  • PAUL VALERY. L'ACTE LITTERAIRE COMME PENSEE DE LA COMPLEXITE. (21-01-2008)
    Ecrit par : LESTOCART Louis-José
    Esthétique Art & Science - Epistémologie de la Complexité
    Ndlr. En s’attachant depuis longtemps à entendre l’esthétique dans ses complexités, LJ Lestocart devait rencontrer et méditer l’œuvre littéraire  de Paul Valéry. Celui-ci ne fut-il pas l’exceptionnel  témoin de cette fascinante et quasi cinématographique  expression de l’acte cognitif s’exerçant dans et par les  complexités de l’acte littéraire ? LJ Lestocart  avait développé ces interrogations sur ‘les fonctions de l’esprit dans l’expérience de création’ (qu’elle soit tenue pour scientifique ou pour artistique) dans une étude publiée en 2006 par l’excellente revue ‘ALLIAGE’ qui se veut ‘Le vecteur d'une réflexion de fond sur les rapports de la culture, de la technosciences et de la société’. . Nous remercions J-M Levy-Leblond, le directeur de la Revue, de nous autoriser à reprendre cet article, avec quelques modifications et mises à jour mineures de l’auteur,  dans les documents du site du Réseau Intelligence de la Complexité’.
  • ÉPISTEMOLOGIE DE LA COMPLEXITE ET ART CONTEMPORAIN (11-07-2007)
    Ecrit par : LESTOCART Louis-José
    Esthétique Art & Science - Epistémologie de la Complexité
    « … Plus que d’œuvre-système-invisible, j’entendrai ici parler d’œuvre-système. Ce qu’on doit voir, percevoir, interpréter est surtout invisible pour le « bon sens ». Anaxagore de Clazomènes, lequel a  introduit la notion de noûs (en grec, esprit ou raison) disait en un insoutenable paradoxe : « La neige composée d’eau est noire malgré nos yeux ». La neige, prétend en effet Anaxagore, doit être sombre comme l'eau dont elle est formée, et, à quiconque le sait, elle n'apparaît plus du tout blanche ; la neige blanche en fondant se change en eau noire. (Gaston Bachelard, La terre et les rêveries du repos, 1948). « L’imagination matérielle qui a toujours une tonalité démiurgique veut créer toute matière blanche à partir d’une matière obscure, elle veut vaincre toute l’histoire de la noirceur » - traduisons tout ce qui est complexe. D’une manière générale comme il est dit dans Le nouvel esprit scientifique (1934), « le simple est toujours le simplifié et ne saurait être pensé qu’en tant qu’il apparaît comme le produit d’un processus de simplification ». Bachelard  souligne encore dans Essai sur la connaissance approchée (1928) « Simplifier, c’est sacrifier. C’est le mouvement inverse de l’explication qui, elle, ne craint pas la prolixité. » ou encore « La simplicité n’est que la simplicité d’un langage bien réglé, elle n’a aucune racine dans le réel. » (extrait du texte de présentation de LJ Lestocart)
  • Cartésianisme et Morinisme dans la poétique musicale d'Olivier Messiaen. (05-02-2007) - L'exemple des Eclairs sur l'Au-Delà?
    Ecrit par : DARBON Nicolas
    Architecturologie & Musicologie - Esthétique Art & Science
    A travers le prisme de la dernière œuvre écrite par Olivier Messiaen : Eclairs sur l’Au-Delà… (1988-92) – qui est une véritable somme de ses techniques musicales –, nous tenterons de montrer le passage poétique d’un paradigme à un autre. Deux philosophes nous semblent exprimer le mieux ces paradigmes : René Descartes et Edgar Morin.
  • Arts et Sciences: Les Fruits de l'Archipel (13-02-2003)
    Ecrit par : DEBONO MARC-WILLIAMS
    Esthétique Art & Science
  • CONTREPOINT : HISTOIRE D'UNE ERREUR (13-02-2003)
    Ecrit par : Bougeret Gérard
    Audition Vision & Perception - Esthétique Art & Science
  • L'expérience esthétique dans la philosophie de Gilles Deleuze (13-02-2003) - De l'esthétique transcendantale à l'esthétique apodictique
    Ecrit par : CALLAT Henri
    Esthétique Art & Science - Epistémologie de l'Interdisciplinarité
  • L'ère des plasticiens (06-06-1996)
    Ecrit par : DEBONO MARC-WILLIAMS
    Esthétique Art & Science
  • N°1 - L'Unité des arts et des Sciences : la psychologie de la pensée et de la découverte (05-02-1984)
    Ecrit par : SIMON Herbert A.
    Esthétique Art & Science - Epistémologie de l'Interdisciplinarité - Ingegno Rationalité et Heuristiques
    Traduction de la "Bicentenial Address" présentée à l'American Academy of Arts and Sciences en mai 1981, publié en français en 1984.
  • 3 liens

  • Mai 2010 Le Cycle 2010 Esthétiques, positions et fondements philosophiques, épistémologiques de la Complexité proposé par l'atelier-forum MCX N°36
    Epistémologie de la Complexité - Esthétique Art & Science

    Le Cycle 2010 Esthétiques, positions et fondements philosophiques, épistémologiques de la Complexité . des conférences du groupe « Esthétique, complexité, expérimentation et modélisation » (ECEM) de l'ISC-PIF. Le groupe ECEM (Z. KAPOULA & L.-J. LESTOCART) reprend une série de séminaires et débats intégrant cette fois un axe philosophie. Derrière ce sous-titre "Positions et fondements philosophiques, épistémologiques de la Complexité" se cache une idée d'Archéologie du Savoir et de généalogie des Sciences de la Complexité de l'esthétique de la pensée. Dans ce programme de longue haleine, il s'agit en effet de tisser des liens entre divers domaines et diverses connaissances (esthétique, neurosciences, neurologie neurophysiologie, philosophie de l'esprit, mais aussi théâtre, écriture, littérature, etc.) dans le souci d'inventorier les fondements d'une pensée complexe.

  • Mars 2010 Les conférences du groupe « Esthétique, complexité, expérimentation et modélisation » (ECEM) de l'ISC-PIF proposé par l'atelier-forum MCX N°0
    Esthétique Art & Science

    Cycle 2010 Esthétiques, positions et fondements philosophiques, épistémologiques de la Complexité.
    Le groupe ECEM (Z. KAPOULA & L.-J. LESTOCART) reprend une série de séminaires et débats intégrant cette fois un axe philosophie. Derrière ce sous-titre "Positions et fondements philosophiques, épistémologiques de la Complexité" se cache une idée d'Archéologie du Savoir et de généalogie des Sciences de la Complexité de l'esthétique de la pensée. Dans ce programme de longue haleine, il s'agit en effet de tisser des liens entre divers domaines et diverses connaissances (esthétique, neurosciences, neurologie neurophysiologie, philosophie de l'esprit, mais aussi théâtre, écriture, littérature, etc.) dans le souci d'inventorier les fondements d'une pensée complexe. Tout à tour constructivisme, littérature, phénoménologie, principe d'une circularité fondamentale et organisatrice en partie biologique, développement des individus (et des enfants), développement de l'organisme (embryogenèse), développement moteur, développement psychique et social ainsi que développement neuronal, y seront évoqués. Avec toutes les questions qui peuvent s'y rattacher comme l'idée de développement dynamique, de cognition incarnée, ainsi que toutes les controverses qui peuvent affecter le sujet. Au su et vu de ces divers domaines, l'esthétique apparaît plus que jamais « interprétation du monde ». Il s'agit en fait d'élaborer pour nous la théorie d'un cognitivisme créatif "non-linéaire" à travers ces liens et leur historique, via théorie expérimentation et création
    Programme du premier semestre 2010
    17 mars 2010 Nietzsche et la question du moi et de l'identité : l'Eternel retour Louis-José Lestocart artpress, ISC-PIF
    7 avril 2010 Hémi négligence induite par des ?uvres d'art Zoï Kapoula Laboratoire IRIS, Physiopathologie de la Vision et de la Motricité Binoculaire
    14 avril 2010 L'épistémologie de l'introspection Michel Bitbol CREA, Ecole Polytechnique
    28 avril 2010 T.B.A Valéry Grancher artiste du net et artiste-installateur
    26 mai 2010 Stratégies pour une métaphysique contemporaine Bruno Pinchard Univ.Lyon 3
    9 juin 2010 L'intentionnalité phénoménale Denis Seron Université de Liège

  • Avril 2008 Un séminaire du Groupe « Esthétique, complexité, modélisation et expérimentation , Pour une neuro-esthétique proposé par l'atelier-forum MCX N°36
    Esthétique Art & Science

    Un séminaire du Groupe « Esthétique, complexité, modélisation et expérimentation , Pour une neuro-esthétique, » qui se met en place à Paris dans le cadre de l’ISC-Paris Ile de France : Considérant l’art comme objet complexe, du point de vue de la perception, de l’interprétation et de la création, on s’appuiera sur les théories de l’émergence et les diverses composantes de la Complexité (principe entéléchique, morphogenèse, bifurcation, rétroaction, récursivité, auto-organisation, etc.), pour dresser une sorte de typologie de ces différentes formes de complexité, afin de les mettre en confrontation avec diverses œuvres d’art (peintures, installations, installations interactives, films, films expérimentaux, animations, etc.) L’objectif du groupe « Esthétique, complexité, modélisation et expérimentation », parrainé par l’ISC-PIF, est de créer un noyau actif combinant la recherche théorique, empirique et la modélisation sur la perception de l’art et ses complexités. Les disciplines représentées dans ce consortium sont : philosophie, critique d’art, histoire de l’art, psycho-esthétique, neurosciences cognitives, physiologie oculomotrice, ingénierie et mathématiques. Le programme détaillé des activités du Groupe (co animé par Zoé Kapoula Directrice de recherche au CNRS  et Louis-José Lestocart, Journaliste Art-Press et chercheur IRIS-CNRS) est régulièrement présenté sur le site http://formism.net:80/ecme (Chaque séance  trois fois par mois a lieu à 18h à l’Institut des systèmes complexes de Paris Île-de-France. 57-59 rue lhomond 75005 Paris

  • 11 notes de lectures

  • REVUE TRANSVERSALES », Madrid, n.3, 2ème Epoque
    Ecrit par : Revue Transversales, Madrid
    Esthétique Art & Science
    Edition ?Revue Transversales, n.3, 2ème Epoque, année I Série Historique, n.80, année XIX, Madrid, Espagne, été 2006, ISSN : 1886-1083, 75 pages.

    Note de : MALAINA Alvaro (Octobre 2007)
  • LES MUSIQUES DU CHAOS
    Ecrit par : DARBON Nicolas
    Esthétique Art & Science - Epistémologie de la Complexité
    Préface de RISSET Jean-Claude Editions l'Harmattan, 2006, ISBN 2 296 01695 2 245 pages

    Note de : RISSET Jean-Claude (Mars 2007)
  • LE MONDE MODERNE et LA QUESTION JUIVE
    Ecrit par : MORIN Edgar
    Esthétique Art & Science
    Éditions du Seuil, octobre2006, ISBN : 2-02 090745 3, 268 pages.

    Note de : LE MOIGNE Jean-Louis (Novembre 2006)
  • POUR UN NOUVEL IMAGINAIRE POLITIQUE
    Ecrit par : COLLECTIF (C. Losson, Coord.)
    Esthétique Art & Science
    Ed. Transversale FAYARD, 2006, ISBN 2-213 2897 9, 160 pages pages.

    Note de : LE MOIGNE Jean-Louis (Mai 2006)
  • Journal de Plozevet, Bretagne 1965
    Ecrit par : MORIN Edgar (préparé par B. Paillard)
    Esthétique Art & Science
    Ed de l'Aube, (La Tour d'Aigues, 84240, ), 2001, ISBN 2 87678 613 3, 390 Pages.

    Note de : LE MOIGNE Jean-Louis (Février 2003)
  • 8 ouvrages

  • L'INTELLIGIBLE CONNAISSANCE ESTHÉTIQUE

    Ecrit par : LESTOCART Louis-José

    Ingegno Rationalité et Heuristiques - Esthétique Art & Science
    Ed L'Harmattan, ISBN : 978-2-296-10698-7 ? janvier 2010 ? 158 pages

    Mars 2010
  • LE CADRE DE LA PEINTURE

    Ecrit par : SIGNORILE Patricia

    Esthétique Art & Science - Symbolisation
    Editions KIME, Paris , 2009, Collection Esthétiques, ISBN 978 2 84174 483 1 Esthétiques , , 270 pages

    Mai 2009
  • ENTENDRE L'ESTHETIQUE DANS SES COMPLEXITES

    Ecrit par : LESTOCART Louis-José

    Esthétique Art & Science - Intelligence de la Complexité
    Ed l'Harmattan, 2008, ISBN : 978-2-296-06554-3, 272 pages

    Novembre 2008
  • VALERY ET LA MEDITERRANEE

    Ecrit par : SIGNORILE Patricia

    Epistmologies Constructivistes - Esthétique Art & Science - Politique de Civilisation et Anthropolitique
    Edisud (Coll. Les Ecritures Du Sud). 2006, ISBN 2744905879, 192 pages

    Février 2006
  • La pertinence, communication et cognition

    Ecrit par : SPERBER D. et WILSON D.

    Esthétique Art & Science
    Ed. de Minuit, Paris, 1989, 397 p. (Traduit de l'anglais par Abel Gershenfeldet Dan Sperber).

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  • LA CONSCIENCE DES MACHINES, une métaphysique de la cybernétique » suivi de "Cognition et Volition"

    Ecrit par : GUNTHER Gotthard

    Esthétique Art & Science - Culture et Territoire
    Traduit de l'Allemand par Françoise PARROT et Engelbert KRONTHALER Avant-propos d'Edgar MORIN - Ed l'Harmattan, 2008, ISBN 978 2 296 05492 9 , 305 pages

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