Notes de lecture

Les notes de lecture sont établies par les membres du Réseau Intelligence de la Complexité.

Que vaut un livre?
"... Un livre vaut à mes yeux par le nombre et la nouveauté des problèmes qu'il crée, anime ou ranime dans ma pensée... J'attends de mes lectures qu'elles me produisent de ces remarques, de ces réflexions, de ces arrêts subits qui suspendent le regard, illuminent des perspectives et réveillent tout à coup notre curiosité profonde..."
P. Valéry (Variété V), O.C. Pléiade I (p. 871)


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  • Réapprendre à coopérer Abécédaire

    Date de l'ouvrage : Août 2014
    Ecrit par : GOUIL Hervé

    Editions Yves Michel, 2010, ISBN 978-2-913492-85-1, 196 pages
    Note de : ADAM Michel (Août 2014)
    Dans un contexte où le travail-emploi est synonyme de mal-être et de désarroi, où les « marchés » et quelques très grandes entreprises sont plus influentes que bien des États, la coopération apparaît comme une voie essentielle pour retrouver les bénéfices d’échanges économiques, sociaux et culturels plus satisfaisants. Et si l’on réapprenait à coopérer ? A travailler ensemble contre la violence, le stress et les effets les plus néfastes de la (dé)structuration sociale, économique et environnementale actuelle…

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« Dans un contexte où le travail-emploi est synonyme de mal-être et de désarroi, où les « marchés » et quelques très grandes entreprises sont plus influentes que bien des États, la coopération apparaît comme une voie essentielle pour retrouver les bénéfices d’échanges économiques, sociaux et culturels plus satisfaisants.

Et si l’on réapprenait à coopérer ? A travailler ensemble contre la violence, le stress et les effets les plus néfastes de la (dé)structuration sociale, économique et environnementale actuelle… »

 Hervé Gouil diplômé d’HEC, ancien directeur de l’Union Régionale des Scop des Pays de Loire, fondateur de la coopérative TEAM ENTREPRENEUR inspirée d’une expérience finlandaise, nous propose un abécédaire savoureux qui multiplie les points de vue sur la coopération. A la fois enthousiaste et lucide, il passe en revue nombre d’auteurs qui ont questionné la coopération comme processus indispensable  dans toute activité économique qui se veut soutenable tout autant que comme forme statutaire d’entreprise aux nombreuses déclinaisons ; soit 12 formes de coopératives à ce jour sans parler des mutuelles et des associations qui s’en réclament à travers leur spécificité propre.

D’où l’intérêt de ce travail de quinze ans qui interpelle tous les dirigeants d’entreprise soucieux de durer dans une entreprise vivable et vivante malgré les difficultés de l’époque, qu’ils soient ou non dans une coopérative. Car Hervé Gouil privilégie le processus de la coopération en sa nécessaire modernisation, citant Paul Valéry : « la fidélité aux grandes causes ne consiste pas à faire ce qui a déjà été fait, mais à retrouver l’esprit qui a fait faire ces choses et qui en ferait faire de toutes autres en d’autres temps. »

Parmi les 26 entrées proposées, citons entre autres la lecture tonique de Robert Axelrod et sa Théorie du comportement coopératif, qui mériterait d’être plus développée, mais aussi la dialogique majeure individu / collectif abordée sous de multiples angles, psychologique, juridique, philosophique, éthique et qui conditionne tant le projet de coopération. Réjouissons-nous de la forte critique en 5 arguments solides de la formule passe partout de l’économie sociale traditionnelle « remettre l’homme au centre ». Il aurait d’ailleurs pu ajouter un sixième argument grâce à la définition officielle de l’ESS produite par Guy Hascoët et Dominique Voynet dans une circulaire interministérielle de septembre 2000 : « assurer une relation harmonieuse et durable entre les humains et leur environnement » soit coopérer avec et par la Nature, menacée et menaçante à l’époque de l’Anthropocène et du dérèglement climatique.

Notons l’apport trop peu connu de Maurice Obadia à travers le concept des deux économies, la matérielle et la relationnelle et leurs combinaisons variées. Ou encore la question du rôle déterminant du féminin dans un nouveau modèle économique et social, mais également la synchronisation des temps individuels repéré comme un des enjeux du futur de la coopération par l’Institute for the Future californien, etc.

Un livre à piocher, à lire et relire, à utiliser comme autant de thèmes de dialogue et d’intercompréhension dans nos propres processus de coopération quels que soient  les organisations qui les accueillent et s’en enrichissent... ou les nient.

 

Michel Adam – 27 juillet 2014

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Au sujet du cahier de lectures du réseau

Le "CAHIER des LECTURES MCX" constitue un des moyens d'action privilégiés par le Programme Européen Modélisation de la Complexité depuis 1991-92.

Il exprime le projet de veille épistémologique que nous proposons, tout en rendant visible la progressive constitution d'une bibliothèque des sciences de la complexité qui se construit dans les cultures contemporaines.

Il ne s'agit pas ici de reproduire le prospectus de présentation ou le résumé établi par les éditeurs, mais de proposer des regards à la fois critiques et constructifs sur des textes qui peuvent et doivent intéresser chercheurs scientifiques et responsables d'organisations attentifs à la complexité de leurs initiatives.

On souhaite que cette veille devienne de plus en plus une entreprise collective, chacun pouvant bien sûr proposer un regard "différent" sur un ouvrage déjà introduit, et mieux encore, faire part de ses propres attentions. Ceci en jouant de son mieux les règles du jeu de l'inter- et transdisciplinarité. La critique disciplinaire pointue dispose de nombre de publications qui la privilégient ; il s'agit ici d'un autre regard : une veille épistémologique qui privilégie la modélisation de la complexité et la pensée complexe.

La reliance des projets du Programme Européen MCX et de l'Association pour la Pensée Complexe va nous permettre d'activer davantage cet exercice d'intelligence de la complexité, intelligence qui se développe en s'exerçant dans de multiples cultures.