Notes de lecture

Les notes de lecture sont établies par les membres du Réseau Intelligence de la Complexité.

Que vaut un livre?
"... Un livre vaut à mes yeux par le nombre et la nouveauté des problèmes qu'il crée, anime ou ranime dans ma pensée... J'attends de mes lectures qu'elles me produisent de ces remarques, de ces réflexions, de ces arrêts subits qui suspendent le regard, illuminent des perspectives et réveillent tout à coup notre curiosité profonde..."
P. Valéry (Variété V), O.C. Pléiade I (p. 871)


Vous trouverez ci-dessous ou en cliquant ici les notes de lectures les plus récentes à moins que vous n'utilisiez le moteur de recherche alphabétique.

Retour

Nous reprenons ici la présentation de cet ouvrage rédigée par Charles Roig, (publiée dans le Dossier MCX Vl, 1994, p. 37, - 1.3.7), présentation qui participait à l'illustration d'un développement sur "la complexité et les enjeux cognitifs de la textologie", pp. 29-39). Dans la dernière partie de son étude, Ch. Roig a proposé un développement original de la thèse de l'herméneutique formelle de J.M. Salanskis, dans la problématique des "Constructions et Productions cognitives" qui caractérisent "la sémiotique textuelle" (- 4.14, p. 204-228). On trouvera ce commentaire au - 4.1.4,p. 219-228).

L'herméneutique formelle de J.M. Salanskis (1991 : 93-97) constitue un cas type de "redécouverte" de l'herméneutique lors d'une réinterprétation du legs de Kant à la lumière de certains concepts fondamentaux de la science contemporaine : l'infini, le continu, l'espace. Tel est l'aboutissement de la volonté de combler un vide créé par l'approche empirique logique des "pseudo-choses". Un texte ou un discours inspiré par des considérations métaphysiques peut aller jusqu'à conférer à ces pseudo-choses (allant de la vitesse et de l'énergie à l'infini et à l'espace) les mêmes "conditions de vérité" qu'à un texte ou un discours sur des choses (traitées comme sous-jacentes). Ainsi, "il n'est pas rare que le recours aux mathématiques soit le moyen par lequel la physique introduit des entités qui font apparemment partie du monde des référents (de la réalité) mais qui ont une teneur essentiellement mathématique - telles sont les pseudochoses". Notons que ces remarques s'appliquent de la même manière et pour les mêmes raisons à la plupart des modèles économétriques (Summers, 1992). Dans de telles circonstances, la lecture herméneutique se présente comme un retour aux sources, c'est-à-dire au questionnement traditionnel : "Qu'est-ce qu'une chose ?"; et au-delà, concernant le monde physique, à la question "Qu'est-ce que l'espace ?". Dès lors, "l'herméneutique de la chose n'est jamais limitée au dialogue langage logique / faits de base, elle est toujours enrichie de la contribution de l'herméneutique de l'espace, la géométrie pour l'appeler par son nom disciplinaire". D'autres définitions transdisciplinaires montrent l'ampleur du domaine d'une herméneutique dont nous verrons qu'elle prend place dans une textologie ouverte par ses multiples interprétants. Par exemple, "la mathématique apparaît [alors] comme une pensée, qui ne cesse jamais d'ouvrir une perspective admettant, c'est ce qui lui est propre, la chose formelle comme medium de sa mise en acte". Cette simple définition appelle de nombreux développements et modificateurs faisant référence non seulement aux formules et aux calculs mais également aux signes constitutifs de la "chose formelle" et aux sens qu'ils ne peuvent manquer de recevoir dans des langages spécialisés qu'il s'agisse d'axiomatiques, de "métalangages" ou de "transcendances techniques"...

Charles Roig

Haut de Page

Au sujet du cahier de lectures du réseau

Le "CAHIER des LECTURES MCX" constitue un des moyens d'action privilégiés par le Programme Européen Modélisation de la Complexité depuis 1991-92.

Il exprime le projet de veille épistémologique que nous proposons, tout en rendant visible la progressive constitution d'une bibliothèque des sciences de la complexité qui se construit dans les cultures contemporaines.

Il ne s'agit pas ici de reproduire le prospectus de présentation ou le résumé établi par les éditeurs, mais de proposer des regards à la fois critiques et constructifs sur des textes qui peuvent et doivent intéresser chercheurs scientifiques et responsables d'organisations attentifs à la complexité de leurs initiatives.

On souhaite que cette veille devienne de plus en plus une entreprise collective, chacun pouvant bien sûr proposer un regard "différent" sur un ouvrage déjà introduit, et mieux encore, faire part de ses propres attentions. Ceci en jouant de son mieux les règles du jeu de l'inter- et transdisciplinarité. La critique disciplinaire pointue dispose de nombre de publications qui la privilégient ; il s'agit ici d'un autre regard : une veille épistémologique qui privilégie la modélisation de la complexité et la pensée complexe.

La reliance des projets du Programme Européen MCX et de l'Association pour la Pensée Complexe va nous permettre d'activer davantage cet exercice d'intelligence de la complexité, intelligence qui se développe en s'exerçant dans de multiples cultures.