Notes de lecture

Les notes de lecture sont établies par les membres du Réseau Intelligence de la Complexité.

Que vaut un livre?
"... Un livre vaut à mes yeux par le nombre et la nouveauté des problèmes qu'il crée, anime ou ranime dans ma pensée... J'attends de mes lectures qu'elles me produisent de ces remarques, de ces réflexions, de ces arrêts subits qui suspendent le regard, illuminent des perspectives et réveillent tout à coup notre curiosité profonde..."
P. Valéry (Variété V), O.C. Pléiade I (p. 871)


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L’année 2004 sera-t-elle celle de la découverte par les cultures francophones de l’exceptionnelle ‘puissance’ de l’œuvre de  H.A. Simon ? L’arrivée sur nos tables en quelques semaines de trois ouvrages au moins, incite à l’espérer : Outre la traduction française de la dernière édition de ‘Les sciences de l’artificiel’ (Folio-Essais), et la parution de la riche synthèse de A. Demailly, ‘Herbert Simon et les Sciences de Conception’ (collection Ingenium, ed. L’Harmattan), paraît le volumineux recueil d’Essais en mémoire de H A Simon rassemblés par J.G. March (le co-auteur du célèbre ‘Organisations’ de 1958). Un volume à placer dans toutes les bibliothèques scientifiques qui se veulent le creuset d’une interdisciplinarité effective ouverte au ‘Nouvel Esprit scientifique’ qu’appelle le nouveau siècle. (http://archive.mcxapc.org/ouvrages.php?a=display&ID=25 ).

Ouvrage qui importe d’abord par sa portée symbolique : Sur une quarantaine de brillantes signatures, une dizaine sont académiquement prestigieuses (Prix Nobel et équivalents), et certains chantent les louanges de l’œuvre et de l’homme avec plus de ferveur qu’elles ne le faisaient du vivant d’H Simon. Dans quelques cas le lecteur informé à même l’impression que certains d’entre eux prennent in extremis ‘le train en marche’ ! Ce sont souvent les mêmes qui profitent de l’occasion pour mettre en valeur leurs propres écrits plutôt que pour nous aider à nous enrichir de ce témoignage de l’interdisciplinarité faite homme et faite œuvre.

Car c’est sans doute l’argument le plus manifeste qui ressort de la lecture de ces 550 pages : Tous les contributeurs sont unanimes sur ce point : En permanence la pensée de H A Simon est une pensée effectivement interdisciplinaire (au sens de‘transdisciplinaire’, et non pas de‘multi ou pluridisciplinaire’), et toute son œuvre en témoigne. Ceci au grand dépit de bien des scientifiques mono - disciplinés qui doivent convenir que dans leur domaine aussi, les contributions de H Simon étaient remarquables. (G. Dosi rapporte à ce propos, avec une compréhensible fierté, qu’un rapporteur de la revue ‘Econometrica’ avait, il y a peu, refusé, un de ses  articles sous le prétexte qu’il se rapportait à « la période des ténèbres de Herbert Simon » ! (‘The dark ages of H. Simon’, p. 225).

Nous disposons ainsi d’un document de référence : Il ne sera définitivement plus possible de tenir l’auteur d’une telle œuvre pour un ‘marginal déviant’ que devraient ignorer les universités : Trop de témoins assermentés nous le garantissent, en même temps qu’ils nous disent la modestie de l’homme et son exceptionnel rayonnement personnel.

Mais cette caution va avoir une conséquence considérable : Si le paradigme simonien de la rationalité procédurale[i] est tenu pour « science normale » au XXIème siècle,., alors bon nombre des enseignements et théories enseignés dans pratiquement toutes les disciplines, vont devoir être sérieusement reconsidérés dans leur argumentation et parfois dans leur légitimité. Conséquence passionnante, que l’on savait déjà formuler en Europe depuis G. Bachelard puis E.Morin. Mais une garantie académique venant d’outre atlantique rassurera plus aisément les institutions scientifiques. Et de ce renouvellement épistémologique nous avons tous le plus urgent besoin.

Il est vrai que ce recueil fait la part trop belle aux seuls économistes, ravis de récupérer la gloire d’un prix Nobel d’économie à leur crédit à l’heure où l’image de leur discipline est quelque peu ternie par ‘l’insupportable légèreté’ des propositions pour action qu’elle a donnée aux décideurs depuis un demi-siècle. La plupart d’entre eux ont longtemps boudé le paradigme de la rationalité procédurale du vivant de H Simon et ont ignoré son invitation à une économie comportementale empiriquement observable. Ils s’aperçoivent qu’ils ne peuvent plus longtemps persister dans cette légèreté épistémologique, et ils trouvent en effet dans l’œuvre de H Simon une excellente voie de salut pour renouveler enfin leur enseignement  (en tentant parfois de se l’approprier naïvement : ainsi l’invention d’une présumée ‘Post-Simonian-Evolutionary-Economics’ (p. 213, p.330, …), qui n’a de ‘post ‘ que le nom puisque son contenu est entièrement ‘simonien’, et qu’il n’est nul besoin d’ajouter un nouveau nom qui n’apporte rien au lecteur. En revanche les quelques auteurs (Egidi et Marengo, notamment, p. 349) qui proposent ‘d’exploiter davantage’ certaines contributions  simoniennes (Apprenance organisationnelle, systèmes complexes, quasi décomposabilité, …), n’ont nul besoin de se référer à une école ‘Post – Simonienne’

Ce seraient là péchés véniels si le déséquilibre apparent de l’ouvrage n’affectait pas l’image de la contribution décisive de H Simon à la science du XXIème siècle. Sur 44 auteurs, 34 sont des économistes ou apparentés (management, sciences politiques, socio économie, ), Les dix autres, quelles que soient la richesse et la pertinence de leur contribution, ne représentent que quelques facettes de l’œuvre (4 psychologues, dont G. Miller, 3 informaticiens+I.A., 2 philosophes, un sociologue, mais aucun contributeur pour l’épistémologie, les sciences de la cognition, ou anthropologie, ni…). On approche de la loi des 80/20 : 80% des auteurs parlent de 20% de l’œuvre de H Simon !

Ne gâchons pas pourtant notre plaisir. D’une part parce que d’autres ouvrages nous apporteront sans doute dans les prochaines années les témoignages éclairant qui manquent encore ; Certains sont déjà disponibles, dont le riche dossier édité par J.Pitrat dans la Revue d’Intelligence Artificielle en 2002 (‘Représentations, découverte et rationalité, Hommage à H Simon’, RIA, vol. 16, n° 1-2/2002, ed. Hermès). D’autre part et peut-être surtout parce que ces 42 articles nous apportent une moisson d’informations inédites (par des extraits de lettres personnelles de H. Simon ) et de commentaires originaux et éclairants. De cette moisson, je suis tenté d’extraire quatre arguments qui me semblent aujourd’hui particulièrement pertinents.

Les deux premiers recueillent l’unanimité :

(1) : Intelligibilité. Tous les textes de HA Simon (plus de 900 titres, publiés au fil de 65 années) sont tous aisément intelligibles quelle que soit la culture de référence des lecteurs : le sinologue comme le mathématicien, le psychologue comme le biologiste, le sociologue comme le linguiste, le logicien comme l’épistémologue, l’honnête homme comme le spécialiste pointu, le civil comme le militaire, tous comprennent sans effort particulier ce qu’il écrit et tous le situent aisément dans son contexte.

H Simon l’a souvent manifesté : Le clivage entre ‘les deux cultures’ (la scientifique et l’humaniste) lui était insupportable : Pourquoi l’intelligence humaine s’auto-infligerait-elle une telle sanction sous le prétexte illusoire des limitations des capacités cognitives des humains ? L’intelligence n’est-elle pas capable, précisément, de ruser fort judicieusement avec cette limitation physiologique ?

(2) Exemplarité. Corrélativement, il apparaît que la culture et la formation scientifique de H Simon sont si manifestement interdisciplinaire que nul ne peut définir une discipline unique de départ à partir de laquelle il aurait progressivement « élargi son pré carré », comme le veulent la plupart des discours sur l’interdisciplinarité académique. Quelles que soient les disciplines, elles s’exercent toutes sur le même processus cognitif : ‘Modéliser et raisonner sur les modèles que l’on reconstruit en raisonnant’. Pourquoi ne pas partir de cette racine commune, puisque, écrivait déjà Térence, « Je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger » ? Le fait que l’on puisse désigner de tels chercheurs éminents ‘transdisciplinaires de formation’, prouve que l’ukase académique qui proclame la nécessité absolue, pour aborder les recherches interdisciplinaires, d’une parfaite spécialisation disciplinaire initiale s’avère très contingent : Ce peut-être une stratégie possible, ce n’est pas une nécessité absolue. Il se pourrait en revanche que le poly-linguisme constitue une condition très importante ? Pourtant, rares sont les auteurs de ces essais qui y font allusion, alors que H Simon avait fait tout au long de sa vie des efforts importants pour apprendre de nombreuses langues, y compris le chinois ou le japonais. P. McCorduck (p.476) nous rappelle qu’il lisait ‘A la recherche du temps perdu‘ dans l’original français.

Les deux autres arguments semblent moins unanimement mis en valeur : Ils ne sont pas récusés, mais ils ne retiennent pas toujours explicitement l’attention.

(3) Epistémologie empirique et l’importance de la ‘critique épistémologique interne’ dans toutes les activités de recherche scientifique d’H. Simon : Il n’est pas de textes qui ne portent la marque de cette attention à la légitimation épistémique de ses propos. Presque toujours la référence se veut de type empirique, fruit de quelques observations ou renvoi à quelques bases de données soigneusement interprétées. Dans les autres cas, il veille à souligner le caractère hypothétique et nonobstant actuellement plausible de ses propositions. Et comme son œuvre s’étend sur plus de soixante ans, il pourra, d’une édition à la suivante indiquer les modifications que suggère la production de nouvelles observations. Il est vrai qu’il n’a pas publié d’ouvrage spécifiquement dédié à l’épistémologie, bien que ‘les sciences de l’artificiel’ constituent, par surcroît si j’ose dire, un des traités d’épistémologie les plus novateurs que le XXème siècle lègue aux siècles suivants. (Faut-il rappeler que ‘l’Architecture de la Complexité’ fut publié en 1962 ? N’est-il  pas surprenant qu’aucun des 42 articles ne se réfère à « Reason in Human Affairs » publié en 1983, alors que ce petit livre met si bien en valeur ce que peut-être la réflexion épistémologique d’un chercheur qui pouvait dire avec P. Valéry : « La rigueur imaginative est ma loi. … Imaginer ce que l’on imagine lorsque je dis : Modèle ». A partir de 1990, H Simon adoptera l’expression ‘Epistémologie empirique’ pour afficher sa position épistémique, mais à ma connaissance, les épistémologues de profession n’ont pas encore su y prêter attention, si bien que le message passe lentement encore dans nos cultures.

(4) Les sciences de conception. Cette attention à la critique épistémique de ses travaux a conduit H Simon à restaurer dans nos cultures les sciences de conception en dualité avec les sciences d’analyse que trois siècles de cartésianisme positiviste avaient quasi sacralisées au sein des institutions scientifiques contemporaines. Certes, il s’est rarement soucié d’argumenter l’enracinement historique des sciences de conception dont il ré-élaborait les projets et les statuts dans l’aventure de la connaissance : La voie empirique, celle des premiers développements de l’informatique et des systèmes artificiels de traitement des systèmes de symboles, qu’il emprunta dés les années 1952, lui donnait assez de matériaux pour construire et développer fort pratiquement ces ‘nouvelles sciences’ qui en un demi siècle nous sont devenus si familières. Les témoignages des contributions épistémiques de L de Vinci, de G. Vico ou de P. Valéry, si proches des siennes, confortent puissamment ses argumentations, mais il n’a pas eu l’occasion de s’y référer. En revanche il a su, un des tous premiers sans doute faire attention à l’œuvre épistémologique de N. Hanson, l’auteur de ‘Patterns of Discovery’, (1958[ii]),. Il dédiera à sa mémoire un de ses articles épistémologique que je tiens pour particulièrement intéressant « On judging the plausibility of théories », 1968). N’est-il pas surprenant qu’aucun des contributeurs de ce recueil ne fasse au moins une allusion à cette référence essentielle pour l’œuvre de H Simon, et que les mentions explicites à ses contributions aux sciences d’ingénierie, sciences de conception, sciences de l’artificiel, soient relativement modestes, en volume sinon en intérêt ? Regret qu’atténuera pour les lecteurs de langue française, la découverte de l’ouvrage que vient de publier André Demailly : Il a su privilégier dans sa lecture de l’œuvre de H Simon l’examen de la genèse de cette restauration tant pragmatique qu’épistémique des sciences de conception

            A chaque lecteur, à chaque instant, au fil de ces pages, une certaine ‘façon de voir’ livrera quelques remarques sur lesquelles il aura d’avantage envie de méditer. Nul ne peut prétendre les récapituler toutes. Mais on peut suggérer, à titre d’exemple, celles que je suis tenté de retenir ici et maintenant.

- Sur la notion de ‘computation symbolique’ : M. Egidi et L. Marengo (p.338) soulignent très heureusement l’importance de la conception de la computation dans l’activité cognitive, dés lors qu’on l’entend comme ‘un système de manipulation de systèmes de symboles’ (de symboles et pas seulement de nombres). Interprétation qui renouvelle l’intelligence des processus de création des modèles mentaux par lesquels un système peut se construire des représentations téléologiques de ses comportements en les contextualisant. 

- Sur la notion d’ ’heuristiques adaptatives’, concept que G. Gizenger p.398+), proche de R. Selten,°dérive du principe simonien d’ ‘Heuristic Search’, dont il constitue une illustration  pédagogiquement très pertinente. Le cas de ‘l’heuristique du jongleur’ (traduction que je propose de ‘the gaze heuristic’, heuristique établie initialement pour un joueur de cricket devant courir pour attraper une balle dont il ignore avec précision la position et la vitesse initiale.), met très bien en évidence l’intérêt des heuristiques de modélisation (et d’identifications de ‘patterns’) dans toutes les  activités cognitives.[iii]

- Sur le ‘changement de regard’ : C’est à Richard Selten, (Prix Nobel d’économie de 1994 pour ses travaux en théorie des jeux) que j’emprunte cet argument (p.163) : Le titre de son témoignage ‘Herbert A. Simon opened my eyes’, dit mieux qu’un long discours (le sien est bref et s’achève sur des extraits très intéressants d’une lettre personnelle de H Simon de 1996), ce que l’on peut entendre par le changement de regard sur l’usage intelligent de la raison humaine qu’appelle la restauration du paradigme simonien de la rationalité procédurale (que l’on pourrait aussi appeler le paradigme de la rhétorique topico-critique selon G Vico ou le paradigme de la pensée complexe selon E Morin : Il s’agit toujours d’un changement réfléchi de regard, ou de l’identification des patterns de raisonnement).

- Sur ‘l’école Cybernétique anglo saxonne’, de curieux silences : Aucun des contributeurs de cet Hommage ne fait allusion à l’apparent silence de H Simon sur les nombreux travaux développé de son vivant par l’école Cybernétique anglo saxonne , travaux qu’il n’ignorait pas, mais auxquels il n’éprouvait  pas le besoin de se référer (hormis bien sûr le ‘Cybernetics’ de N Wiener, 1948). . On ne trouve pratiquement pas de références dans ses textes aux réflexions de H. von Foerster ou de G. Bateson par exemple (La réciproque étant d’ailleurs vraie !). Je crois que cette inattention apparente tenait à son « autre regard ». Il devait être sensible à l’involontaire scientisme de ce courant de pensée qui ne se développait pas d’abord à partir d’une scrupuleuse investigation empirique et qui privilégiait par trop une idéologie quasi-béhavioriste anglo saxonne dont il voulait – et dont il sut- se libérer. (Robert Pagès proposera une image qui me semble très pertinente : Pour construire l’édifice de ces nouvelles sciences de la complexité, les cybernéticiens commençaient par le toit, et HA Simon commençait par les fondements :‘Une reprise en sous œuvre’ dira t il, en ajoutant ‘Et cela parce que c’est une exigence interne et exemplaire d’une pensée théorique efficace[iv]).  Pour H A Simon, la cybernétique constituait une source d’heuristiques plutôt qu’une théorie[v] Il reste qu’il faut s’étonner des silences de tous les contributeurs (à l’exception peut-être de P.McCorduck) sur ses apparents silences que les cybernéticiens et les connexionnistes intégristes interprètent comme un opprobre !

On ne peut conclure une déambulation heureuse dans un labyrinthe, même si la visite que nous propose ce recueil ne permettait pas d’accéder à toutes les ailes du ‘Palais de la mémoire’ de H Simon. Mais on voudrait en achevant donner envie au lecteur pensif d’y déambuler librement. Peut-être faudra-t-il lui conseiller de commencer par la lecture d’un étonnant chapitre des mémoires de H Simon « Models of my Life » (1991, BasicBooks), intitulé ‘Mazes without Minotaurs’ : Un conte ‘à la Borges’ qui enchantera  tous les humains attentifs à comprendre pour faire et à faire pour comprendre.



[i] Pour éviter les confusions suscitées par la traduction  française ‘Rationalité limitée’ de l’expression forgée par H Simon de ‘Bounded Rationality’ (traduction que l’on interprète par : ‘rationalité au rabais  ou au moins ‘rationalité imparfaite, peu digne de ‘la logique scientifique’ ), j’utilise systématiquement l’expression ‘rationalité procédurale’ que H Simon utilisera de plus en plus fréquemment à partir de 1973, pour désigner une ‘délibération appropriée’ (Il se référait au x ‘Principles of Psychology ‘ de W.James, en insistant en outre sur la nécessité de distinguer rationalité et rationalisme. ‘Bounded rationality’ exprime les « capacités cognitives » (e t computationnelles ) limitées » du sujet raisonnant en situation.

[ii] Voir la note de lecture de la trad. française 2002. à http://archive.mcxapc.org/cahier.php?a=display&ID=617

[iii] Sur ces deux arguments (Computation symbolique et Heuristiques adaptatives), on trouvera quelques développements dans l’article « Sur un exceptionnel manifeste épistémologique, Symbol and Search » publié dans la RIA, Vol 16, n° 1-2 /2002, (251-268)et repris sur le site internet de la revue « Automate Intelligent » à

http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2004/56/lemoigne.htm

[iv] Robert Pagés : « Modèles et paraboles d’Herbert Simon dans la conjoncture séculaire en socio psychologie » in A.Demailly & JL Le Moigne (eds) ‘Sciences de l’intelligence, sciences de l’artificiel, avec H Simon’, P.U. Lyon, 1986, cf. p.686.

[v] On trouvera  une présentation sommaire de cet ‘autre regard ‘ proposé par H Simon dans l’article qu’il a donné au recueil cite ci dessus (note 4) ’Quelques remarques historiques sur la science de la cognition’, cf. p.34. ( H Simon parle d’un ‘changement de Zeitgeist’ (Texte disponible à  http://archive.mcxapc.org/docs/lesintrouvables/simon2.pdf )

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Au sujet du cahier de lectures du réseau

Le "CAHIER des LECTURES MCX" constitue un des moyens d'action privilégiés par le Programme Européen Modélisation de la Complexité depuis 1991-92.

Il exprime le projet de veille épistémologique que nous proposons, tout en rendant visible la progressive constitution d'une bibliothèque des sciences de la complexité qui se construit dans les cultures contemporaines.

Il ne s'agit pas ici de reproduire le prospectus de présentation ou le résumé établi par les éditeurs, mais de proposer des regards à la fois critiques et constructifs sur des textes qui peuvent et doivent intéresser chercheurs scientifiques et responsables d'organisations attentifs à la complexité de leurs initiatives.

On souhaite que cette veille devienne de plus en plus une entreprise collective, chacun pouvant bien sûr proposer un regard "différent" sur un ouvrage déjà introduit, et mieux encore, faire part de ses propres attentions. Ceci en jouant de son mieux les règles du jeu de l'inter- et transdisciplinarité. La critique disciplinaire pointue dispose de nombre de publications qui la privilégient ; il s'agit ici d'un autre regard : une veille épistémologique qui privilégie la modélisation de la complexité et la pensée complexe.

La reliance des projets du Programme Européen MCX et de l'Association pour la Pensée Complexe va nous permettre d'activer davantage cet exercice d'intelligence de la complexité, intelligence qui se développe en s'exerçant dans de multiples cultures.