Notes de lecture

Les notes de lecture sont établies par les membres du Réseau Intelligence de la Complexité.

Que vaut un livre?
"... Un livre vaut à mes yeux par le nombre et la nouveauté des problèmes qu'il crée, anime ou ranime dans ma pensée... J'attends de mes lectures qu'elles me produisent de ces remarques, de ces réflexions, de ces arrêts subits qui suspendent le regard, illuminent des perspectives et réveillent tout à coup notre curiosité profonde..."
P. Valéry (Variété V), O.C. Pléiade I (p. 871)


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La conclusion de la postface de Renaud Sainsaulieu dit fort bien me semble-t-il le projet pertinent de ce livre attachant dont on peut craindre qu'il n'atteigne pas les lecteurs qu'il cherche à convaincre... parce qu'il est deux fois trop gros (470 pages !) :

"C'est en articulant davantage d'écoute mais aussi de reconnaissance des projets personnels qui créent le sujet en l'acteur, avec davantage d'expression sur les problèmes spécifiques des divers mondes sociaux d'entreprise, que s'amorcera une dynamique vers plus d'espace de société civile et plus de démocratie en entreprise. Tel est l'objectif, qu'avec l'apport de Blaise Ollivier, il semble possible d'assigner aux programmes de gestion et des ressources humaines" (p.463).

Pensons enfin que dans le Système, l'Acteur a Projet et nous reconnaîtrons alors le Sujet. Mais ce sujet est à la fois épistémique et pragmatique (il sait et il fait) et le contexte de son action (ici l'entreprise) affecte et transforme ses "projets personnels". Le psychanalyste ne l'emporte-t-il pas sur le sociologue? (B. Ollivier a les deux casquettes) : il m'a semblé que c'était parfois le cas ? Sans doute parce que le mot même de sujet est plus complexe encore que celui d'acteur ? Curieusement, sous la plume de l'auteur, c'est plus volontiers l'Entreprise que le Sujet qui a Projet...Peut-être est-ce pour cela que le postfacier relie in extremis les projets personnels et le sujet en l'acteur ? Mais ces considérations sémantiques ne doivent pas masquer l'essentiel qui apparaît au fil de lalecture : la culture et la riche expérience personnelle de l'auteur donnent à son propos une chaleur et une intensité qui emportent aisément la conviction... dès lors qu'on est un peu excédé par le caractère trop sommaire de la vieille et prégnante dichotomie de l'acteur et du système.

JLM

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Au sujet du cahier de lectures du réseau

Le "CAHIER des LECTURES MCX" constitue un des moyens d'action privilégiés par le Programme Européen Modélisation de la Complexité depuis 1991-92.

Il exprime le projet de veille épistémologique que nous proposons, tout en rendant visible la progressive constitution d'une bibliothèque des sciences de la complexité qui se construit dans les cultures contemporaines.

Il ne s'agit pas ici de reproduire le prospectus de présentation ou le résumé établi par les éditeurs, mais de proposer des regards à la fois critiques et constructifs sur des textes qui peuvent et doivent intéresser chercheurs scientifiques et responsables d'organisations attentifs à la complexité de leurs initiatives.

On souhaite que cette veille devienne de plus en plus une entreprise collective, chacun pouvant bien sûr proposer un regard "différent" sur un ouvrage déjà introduit, et mieux encore, faire part de ses propres attentions. Ceci en jouant de son mieux les règles du jeu de l'inter- et transdisciplinarité. La critique disciplinaire pointue dispose de nombre de publications qui la privilégient ; il s'agit ici d'un autre regard : une veille épistémologique qui privilégie la modélisation de la complexité et la pensée complexe.

La reliance des projets du Programme Européen MCX et de l'Association pour la Pensée Complexe va nous permettre d'activer davantage cet exercice d'intelligence de la complexité, intelligence qui se développe en s'exerçant dans de multiples cultures.