Notes de lecture

Les notes de lecture sont établies par les membres du Réseau Intelligence de la Complexité.

Que vaut un livre?
"... Un livre vaut à mes yeux par le nombre et la nouveauté des problèmes qu'il crée, anime ou ranime dans ma pensée... J'attends de mes lectures qu'elles me produisent de ces remarques, de ces réflexions, de ces arrêts subits qui suspendent le regard, illuminent des perspectives et réveillent tout à coup notre curiosité profonde..."
P. Valéry (Variété V), O.C. Pléiade I (p. 871)


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Que l'intelligence artificielle nous fournisse de remarquables occasions d'expérimentations - par simulation - la chose va sans dire depuis qu'H.A. Simon et A.Newell, s'inspirant de Turing, nous l'ont montré en 1956... en écrivant précisément le premier programme informatique "intelligent". Elle va sans dire, mais les informaticiens n'aimaient pas qu'on leur rappelle : se targuant d'être de purs théoriciens, ils ne veulent pas être confondus avec les vils expérimentateurs, sans doute parce que "confondant méta-modèle et théorie", ils ont occulté, par recours à la logique (systèmes experts) ou aux réseaux connexionnistes (solution miracle) à la fois les choix théoriques, les modèles théoriques et la pratique expérimentale" (A. Nicolle, p. 14). En se demandant "ce que l'informatique et l'I.A. changent dans la méthode expérimentale"... et donc... comment l'expérience renouvelle notre conception même de l'I.A., les quelques chercheurs qui contribuent à ce dossier original nous livrent une moisson de réflexions fort stimulantes pour notre intelligence de la cognition et de la communication (naturelle et artificielle). Puisque l'on ne peut ici qu'inviter les chercheurs attentifs à l'exercice des "fonctions del'esprit" à prêter attention à ces réflexions et aux "retours d'expériences" qu'elles suscitent, on se résignera à ne mentionner qu'un argument... réconfortant : enfin une étude en langue française, celle de J. Lassègue (intitulée : "la méthode expérimentale, la modélisation informatique et l'intelligence artificielle") qui souligne la grande pertinence de la "conférence Turing" de A. Newell et H.A. Simon (1976) pour la reconnaissance du "domaine du symbolique, dont relève le support de l'informatique, ... qui permet d'aborder les différentes sciences humaines de la psychologie à l'économie d'un point de vue fonctionnel" (p. 36). Depuis 20 ans une sorte de censure informelle semblait peser en France sur ce texte (fondateur d'une épistémologie de l'informatique entendue comme une science empirique), et on ne peut que se féliciter de voir briser enfin cet interdit !...Certes, une hirondelle ne fait pas le printemps, mais je me souviens du temps (1982) où l'ARC (éditeur d'Intellectica) bannissait sans les entendre les chercheurs qui se référaient à H.A. Simon !...

Cet optimisme nous incite à conserver le sourire et le sens de l'humour, en prêtant attention à une jolie formule de J. Theuraux discutant de "l'analyse inventive" : "La construction de modèles constructivistes de l'activité humaine pose en effet de nombreux problèmes que je ne peux aborder ici. C'est une raison de plus, ce me semble, pour s'y intéresser" (p. 224). Une raison de plus, en effet !...

J.L. Le Moigne.

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Au sujet du cahier de lectures du réseau

Le "CAHIER des LECTURES MCX" constitue un des moyens d'action privilégiés par le Programme Européen Modélisation de la Complexité depuis 1991-92.

Il exprime le projet de veille épistémologique que nous proposons, tout en rendant visible la progressive constitution d'une bibliothèque des sciences de la complexité qui se construit dans les cultures contemporaines.

Il ne s'agit pas ici de reproduire le prospectus de présentation ou le résumé établi par les éditeurs, mais de proposer des regards à la fois critiques et constructifs sur des textes qui peuvent et doivent intéresser chercheurs scientifiques et responsables d'organisations attentifs à la complexité de leurs initiatives.

On souhaite que cette veille devienne de plus en plus une entreprise collective, chacun pouvant bien sûr proposer un regard "différent" sur un ouvrage déjà introduit, et mieux encore, faire part de ses propres attentions. Ceci en jouant de son mieux les règles du jeu de l'inter- et transdisciplinarité. La critique disciplinaire pointue dispose de nombre de publications qui la privilégient ; il s'agit ici d'un autre regard : une veille épistémologique qui privilégie la modélisation de la complexité et la pensée complexe.

La reliance des projets du Programme Européen MCX et de l'Association pour la Pensée Complexe va nous permettre d'activer davantage cet exercice d'intelligence de la complexité, intelligence qui se développe en s'exerçant dans de multiples cultures.