Notes de lecture

Les notes de lecture sont établies par les membres du Réseau Intelligence de la Complexité.

Que vaut un livre?
"... Un livre vaut à mes yeux par le nombre et la nouveauté des problèmes qu'il crée, anime ou ranime dans ma pensée... J'attends de mes lectures qu'elles me produisent de ces remarques, de ces réflexions, de ces arrêts subits qui suspendent le regard, illuminent des perspectives et réveillent tout à coup notre curiosité profonde..."
P. Valéry (Variété V), O.C. Pléiade I (p. 871)


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Le concept de "projet professionnel" que veut présenter, argumenter et illustrer ici P. Peyré est sans doute un concept fort bienvenu aujourd'hui. Mais en chargeant le titre de son essai consacré à l'exploration de cette "interface entre l'individu et l'institution" de plusieurs autres connotations incidentes, je crains qu'il ne dissuade nombre de ses lecteurs potentiels : s'ils ne sont pas spécifiquement exposés à une "socio-pédagogie de formation en alternance appliquée au milieu sanitaire et social", prendront-ils le risque de s'intéresser à cette réflexion qui ne les concernent pas explicitement ? Ce qui sera dommage. Car le projet professionnel est un bon catalyseur a priori universel, susceptible d'aider chaque citoyen à élaborer sa propre stratégie de solidarisation intelligente et responsable dans les communautés au sein desquelles il vit et agit. Même s'il s'abandonne un peu trop au discours du maître qui expose un savoir fait ailleurs qu'il va falloir que l'élève "applique", l'essai de P. Peyré est si chaleureusement cultivé et argumenté qu'il aidera, j'en suis sûr, ses lecteurs à mieux réfléchir à leurs propres projets. En définissant le projet professionnel à l'aide de la métaphore de "la surface de l'eau", dont Léonard de Vinci disait "qu'elle n'appartient ni à l'air, ni à l'eau"... et que pourtant on peut modéliser et utiliser, il nous invite à entendre cette démarche dans sa complexité. J'aime moins son appel aux "forces vives" de la société... sans doute parce que le néologisme suggère une cruelle symétrie : les forces non-vives... c'est toujours les autres !... ; et parce qu'il incite à réduire le "projet pédagogique" à sa seule "fonction éducative" (p. 236), alors qu'il se veut plus complexe, tout le livre le montre bien.

JLM

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Au sujet du cahier de lectures du réseau

Le "CAHIER des LECTURES MCX" constitue un des moyens d'action privilégiés par le Programme Européen Modélisation de la Complexité depuis 1991-92.

Il exprime le projet de veille épistémologique que nous proposons, tout en rendant visible la progressive constitution d'une bibliothèque des sciences de la complexité qui se construit dans les cultures contemporaines.

Il ne s'agit pas ici de reproduire le prospectus de présentation ou le résumé établi par les éditeurs, mais de proposer des regards à la fois critiques et constructifs sur des textes qui peuvent et doivent intéresser chercheurs scientifiques et responsables d'organisations attentifs à la complexité de leurs initiatives.

On souhaite que cette veille devienne de plus en plus une entreprise collective, chacun pouvant bien sûr proposer un regard "différent" sur un ouvrage déjà introduit, et mieux encore, faire part de ses propres attentions. Ceci en jouant de son mieux les règles du jeu de l'inter- et transdisciplinarité. La critique disciplinaire pointue dispose de nombre de publications qui la privilégient ; il s'agit ici d'un autre regard : une veille épistémologique qui privilégie la modélisation de la complexité et la pensée complexe.

La reliance des projets du Programme Européen MCX et de l'Association pour la Pensée Complexe va nous permettre d'activer davantage cet exercice d'intelligence de la complexité, intelligence qui se développe en s'exerçant dans de multiples cultures.