Bibliothèque du Réseau

Cette petite bibliothèque présente une collection progressivement mise à jour, rédigés par des membres du Réseau MCX. Chacun d'eux étant accompagné, dans la mesure du possible de quelques indications de contenu et d'une ou de plusieurs notes de lecture.

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  • LE CADRE DE LA PEINTURE

    Ecrit par : SIGNORILE Patricia

    Esthétique Art & Science - Symbolisation
    Editions KIME, Paris , 2009, Collection Esthétiques, ISBN 978 2 84174 483 1 Esthétiques , , 270 pages

    Mai 2009
    • Patricia SIGNORILE est maître de conférences à l’Université Paul CEZANNE (Aix-Marseille III). Ses recherches portent sur les processus de création et les faits de culture .Elle anime l’Atelier MCX 21 Arts, Société et Complexité»  Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages, en particulier Paul Valéry philosophe de l’art, Vrin, 1993 ;; La pensée, la trace, éd. Patricia Signorile, P.U.P. 2000 ; Transversales, éd. Patricia Signorile, P.U.P. 2000 ; Valéry et la Méditerranée, éd. Patricia Signorile, Edisud, 2006.

       

      Ndlr : Le ‘Philosophe de l’art’ qu’était aussi P Valery a incité  P Signorile à une exploration de la philosophie et de l’épistémologie de la peinture : La métaphore de ‘la culture du cadre’ l’a conduit à une méditation richement documentée sur le ‘recadrage ‘ de nos conceptions souvent trop dichotomique de la culture séparant culture scientifique et culture artistique. Depuis Léonard, nous savons pourtant que la peinture est aussi science

       

                      « Le cadre invente la peinture et contribue à la naissance d’un concept qui a révolutionné les domaines du religieux, du politique et de l’imaginaire. Consacrés par la maîtrise de la perspective, l’évolution de la position sociale du peintre et les instances de pouvoir, la peinture et ses artifices servent de métaphore à la représentation jusqu’à renoncer devant la photographie. Objet devenu autonome, le tableau dans son cadre contient virtuellement les prémices des crises qui suivront.

                  Des théories platoniciennes qui condamnent la peinture comme incapable de produire des vérités, jusqu’au dogme romantique qui attribue à l’art la capacité d’exprimer la vérité de l’intériorité, c’est bien  la réflexion inaugurale d’Alberti qui fonde « un examen tout à fait nouveau de l’art de peindre ». La théorie de la vision développée dans les écrits de Descartes, corrobore les modalités de cet apparaître pour le moins paradoxal puisqu’il décline l’être de la situation dans la situation. L’art, qui fut langage commun de l’inaction sociale, comme l’écrit Guy Debord dans La société du spectacle, se constitue en entité indépendante dès qu’il émerge de son univers religieux, et devient une production individuelle d’œuvres autonomes. Mais il marque alors le commencement de sa dissolution et de sa désagrégation qui se réorganisent dans le spectaculaire intégral de la société contemporaine.

                  Le cadre de la peinture, qui témoigne d’engagements, d’évolutions professionnelles et de configurations disciplinaires, évolue donc entre subjectivité et objectivité. La peinture, comme l’art en général, montre cette dynamique qui revendique l’énonciation de sa propre vérité objectivée. Le jeu qui s’établit entre ces paramètres, annonce tantôt la fin de l’art pictural ou tantôt son retour, interroge le sens de l’oeuvre, analyse ses conditions fondatrices. Il décompose l’effet produit sur le spectateur par un objet tableau que personne ne sait plus définir sous les effets multiples de sa reproductibilité qui ont détruit son essence et son existence. L’artiste et l’oeuvre sont alors définitivement absorbés par le corps sociétal, ses institutions, ses publics.

                  L’activité du peintre construit une réalité qui loin de se borner à imiter la nature ou à représenter un idéal, crée une image paradoxale qui contribue malgré elle au dévoiement de l’art par l’invention de son objectivité. Le cadre de la peinture renvoie celle-ci à ses propres interrogations, à ses propres ruptures et à ses limites. » (Présentation de l’éditeur)

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      LE CADRE DE LA PEINTURE

      SOMMAIRE

      Introduction

      PREMIERE PARTIE

      LE CADRE VISIBLE : objet et normes

      Chapitre I. La culture du cadre

      - Le processus du cadre.

      - Le projet du cadre : l’idéal-type

      - Cadre et rhétorique ou rhétorique du cadre ?

      Chapitre II. L’enfermement paradigmatique

      - L’idéologie du bien, du bon et du beau

      - Homo calculator et la rationalisation de l’esthétique

      - Cognitio sensitiva perfecta

      - Contre la logique de la domination

      Chapitre III. La base de données

      - Syntagme, paradigmatique et cognition

      - Le cadre prototypal et normatif

      - De l’ut pictura poesis a l’ut pictura hortus

      Chapitre IV. L’espace en règles

      - La perspective

      - La culture de l’œil ou l’invention de l’objectivité spectaculaire

      - L’esthéticité technologique

      - Les exigences de la raison

      DEUXIEME PARTIE

      LE CADRE DE LA PEINTURE : dispositifs et usages

      Chapitre V. Le cadre comme prothèse

      - La peinture à l’épreuve du tableau

      - La méthodologie positiviste

      - Le positivisme pictural

      - L’autonomie de la peinture : victoire de l’animal laborans sur l’homo faber

      Chapitre VI. La marchandisation de la peinture

      - Disciplines nouvelles et nouveaux métiers

      - L’œuvre comme marchandise

      - Particularité de Rembrandt

      - Marché de l’art

      Chapitre VII. Le pouvoir, l’artiste

      - L’ambivalence et le concensus

      - Ecrivains et critiques d’art ou la dixième muse

      Chapitre VIII. Les dispositifs du simulacre

      - Le musée ou l’inflation du simulacre

      - Le musée, les sciences humaines et l’intellectualisation de l’art

             - La «science des images» : conventions du regard et cheminements à l’œuvre

             - L’histoire de l’art ou comment  signifier objectivement l’abolition du passé

             - L’esthétique normative

      - La pensée esthétologique et l’humanisation du temps

      TROISIEME PARTIE

      LE CADRE INVISIBLE : idées et matérialité

      Chapitre IX. Fixer l’existence en tant que chose

      - La forme et la couleur

      - La chromophilie

      Chapitre X. La bataille des images

      Pictura quasi scruptura ou la mise en abyme du programme mnémotechnique  de communication

      - Le destin paradoxal de l’image

      Libido spectandi

      - Icône contre idole, image séductrice, image réductrice

      Chapitre XI. La fabrique de la vision

      - Le cadre de la vision et le goût de la méthode

      - L’œil impressionniste

      - L’impouvoir, l’apparence

      - La vision par pixel et la réforme méthodique

      Chapitre XII. Le spectaculaire de l’objectivité

      - La réalité-tableau

      - L’objectivité épistémique

      L’épochè phénoménologique

      - L’objectivisme

      - Le tableau comme cadre représentationnel cognitif d’adaptation ?

      Hors-cadre

      Conclusion

      Index des noms

      Index des notions

      Bibliographie Sommaire

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