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Atelier 37 - "Complexité à l'oeuvre : musique, musicologie, spectacle vivant"
animé par
DARBON Nicolas

Audition Vision & Perception - Esthétique Art & Science - Architecturologie & Musicologie

Projet de L'Atelier

« Les artistes ne peuvent rester indifférents à un champ scientifique qui bouleverse nos visions de façon si profonde. » 

(Jean-Claude Risset, compositeur, médaille d'or du CNRS)

            Yves Michaud et son encyclopédie « de tous les savoirs » dresse un état des lieux des sciences au tournant du millénaire. Il commence par le thème qui, à notre époque, semble le plus pertinent, le plus obsédant : l'étude de la Vie. Et c'est bien ce qui nous réunit ici : le spectacle vivant. Comment la pensée du Vivant pourrait-elle laisser indifférent la musique ou le théâtre qui sont tout à la fois émergence et intelligence ?

            Tout le monde le sait : l'oeuvre se dérobe à l'analyse brute, aux chiffres et aux règles. L'oeuvre qui parvient à nos oreilles est déjà complexe ; le laboratoire de sa production est un « système ouvert ». Certes, l'examen minutieux des oeuvres est nécessaire. Mais comme un prélude à une réflexion sur le mystère de la valeur, du résultat sonore, de l'interprétation ou de la représentation. Le mystère comme objet scientifique.

            Il semble donc utile de se doter d'outils adaptés à cette complexité de l'oeuvre.

« Le squelette aux os verdis qu'on exhume d'une bière pourrie est plus « simple » que le vivant qui s'est couché dans la tombe, plein de force encore, parfois de vitalité. Mais c'est le vivant qui nous intéresse. C'est la vie dans sa complexité. » (Lucien Febvre)

            L'histoire, l'analyse d'oeuvre, les sciences traditionnelles en musicologie ou en théorie du spectacle sont insuffisantes. Le scientisme, l'analytisme, le féodalisme et la parcellisation disciplinaire n'ont certes pas épargnés le domaine du spectacle vivant, en particulier la musicologie.

            Cet atelier est ouvert aux nouvelles approches épistémologiques, de la systémique à l'herméneutique, de l'esthétique à la poétique (encore à inventer), des sciences de la réception à celles de l'invention...

            En somme, la complexité à l'oeuvre sollicite toutes les tentatives interprétatives ayant en commun un certain sens de la reliance trandisciplinaire, une sensibilité aux interactions, à l'incertitude et à l'émergence. Edgar Morin offrent de tels outils : principes dialogique, récursif et hologrammatique... L'un des plus importants est la prise de conscience que l'observateur se retrouve dans son observation. 

Attitude à la fois reliante et critique. Elle se fédère dans un « nouveau paradigme », mais en même temps elle n'est pas dupe des croyances, du prêt-à-penser, des idéologies et des habitudes réductrices.     

Pour résumer, la Complexité sera entendue de deux manières :

-          la complexité de l'oeuvre ;

-          la complexité à l'oeuvre.

1. La première approche est la Complexité telle qu'elle se développe dans les oeuvres. Prenons l'exemple de la musique : Essl (autopoièse), Kyburz (systémique végétale), Pape (chaos déterministe), Miereanu (discontinuité), Risset, Ligeti, Nørgård, Murail (fractales)... Il est évident que certaines musiques populaires, traditionnelles ou amplifiées, ont elles-mêmes un rapport direct avec la Complexité, aussi bien que les musiques non « contemporaines ».

2. La seconde approche concerne le regard sur cet objet. Il reste à inventer une épistémologie de la science musicale, ou pour reprendre l'expression morinienne, une épistémologie complexe du musical. Il en va de même pour le concept de « spectacle vivant » dans son ensemble. L'un des objectifs de cet atelier serait de se demander si l'oeuvre existe « en soi », si elle est réductible au texte, en quoi elle cristallise une poétique et même, une nouvelle conception du monde.

Documents rédigés par les membres de l'atelier

  • LA MUSIQUE, LA COMPLEXITE ET LE MONDE DE LA VIE (16-11-2011)
    Ecrit par : VION-DURY Jean
    (Atelier)
    Après la neuro physiologie, la neuro chimie, la neuro économie, la neuro cognition, la neuro éthique, le temps est-il venu de la neuro esthétique ? Il devenait important qu'un biologiste neuro physiologiste, épistémologue et musicien, s'exerce à la critique épistémologique des neuro sciences à l'heure où celles-ci s'attachent de plus en plus l'idéologie post scientiste qui imprègnent encore trop souvent les cultures scientifiques et par là les cultures sociétales. La réflexion de Jean Vion Dury sur 'La musique, la complexité et le monde de la vie' nous invite ici à nous y exercer avec lui, à partir de son argumentation critique très solidement argumentée (Ndlr).
  • Du fait gestuel à l'empreinte sonore : pour un geste musical (16-05-2009)
    Ecrit par : ANAKESA KULULUKA Apollinaire
    Epistémologie de la Complexité - Gouvernance des Organisations Complexes - Management Stratégique
    S'il est un concept étrange, de plus en plus employé en musique, même pour décrire des figures de l'écriture la plus abstraite- je pense par exemple à un compositeur contemporain comme Ferneyhough -, aussi pertinent en anthropologie qu'en analyse musicale, s'il est un concept par essence transdisciplinaire... c'est bien celui de "geste". Le geste musical est l'un des phénomènes complexes de l'expression humaine et animalière, qui relève de réactions synchrones diverses et variées.
  • DES OUTILS POUR LA CREATION- DIDACTIQUE MUSICALE ET COMPLEXITE ALLOSTERIQUE (31-03-2009)
    Ecrit par : DARBON Nicolas
    Architecturologie & Musicologie - Epistémologie de la Complexité
    A partir de six approches didactiques de la Complexité : Morin, Bertrand, Beauté, De Peretti, Ardoino, Bourguignon, cet article dessine des pistes d'action concrète en matière d'éducation musicale. A travers les trois niveaux (le primaire, le collège, le supérieur) considérés dans leur mission de création, d'invention, de composition... il effectue une lecture critique des programmes 2009 et passe à la loupe des séquences réalisées en classe. Il met à l'honneur "l'école de Rouen" pour le niveau supérieur, montrant la complexité de l'improvisation collective. En filigrane, une réflexion sur le "modèle allostérique", non en matière de savoirs à construire / déconstruire, mais cette fois dans la perspective dynamique de la création.
  • Dossier du Colloque Musique et Complexité AUTOUR D'EDGAR MORIN ET JEAN-CLAUDE RISSET (31-03-2009)
    Ecrit par : DARBON Nicolas
    Education Formation
    En quoi la musique est-elle complexe ? Comment la musique renseigne-t-elle sur la complexité du monde ? Nombreux sont les musiciens au XXe siècle - et avant ! - qui ont fait de la musique complexe : complexité de l'œuvre ! Mais penser la musique complexement est moins courant. Entendons la complexité au sens des théories de la complexité. Qu'est-ce que la Complexité peut apporter à la musicologie ? Ce colloque est une vaste polyphonie autour du musical : histoire, peinture, anthropologie, philosophie, neurobiologie... Edgar Morin ouvre les trois jours. Il place d'emblée l'interrogation sur un plan non restreint, non réducteur. Jean-Claude Risset lui succède, montrant que l'acoustique et la physique appliquée élargissent les cadres scientifiques. Ce compositeur est aussi médaille d'or du CNRS. Il fait partie de la génération qui a découvert et mis au point la synthèse sonore et l'informatique musicale. Ce colloque rend enfin hommage à Risset à l'occasion de son 70e anniversaire.
    Ce dossier s'accompagne introduit notamment le texte de John Chowning disponible à www.mcxapc.org/docs/0903chowning.pdf et le texte de Max Mathews disponible à www.mcxapc.org/docs/0903mathews.pdf
  • SYNTAXE ET PLASTICITE MUSICALES DEPUIS 1945 : NOUVELLES TECHNOLOGIES, NOUVELLES ECRITURES (09-12-2007)
    Ecrit par : DARBON Nicolas
    Architecturologie & Musicologie
    « Le passage de la syntaxe à la plasticité pourrait bien être une mutation quasi « chimique » de l’art sonore, à l’instar de ces systèmes complexes se transformant subitement en une forme de simplicité, un état nouveau ». Cette étude de N Darbon a été publiées initialement dans la revue PLASTIR (N° 8, revue animée par W de Bono) que nous remercions ici
  • Le langage musical en question (11-07-2007)
    Ecrit par : ESCLAPEZ Christine
    Architecturologie & Musicologie - Linguistique et Multi langues
    « Cessons de considérer isolément forme, matière, outil et main, et plaçons-nous au point de rencontre, au lieu géométrique de leur activité. » (Focillon) Vœux pieux, parfaitement complexe, très peu réalisé – très peu réalisable ? – du côté des théoriciens de la chose musicale !... Christine Esclapez prend à bras le corps le problème, et, j’ose le dire, participe d’un mouvement – encore marginal – de rénovation des fondements même de l’histoire et de l’analyse de l’art et de la musique. Certes, l’œuvre musicale a été, et pourra toujours être analysée, démontée, décryptée dans un esprit post-saussurien : versant positiviste de la musicologie. Telle est la quête des racines permanentes, historiques, linguistiques… Mais l’œuvre se manifeste aussi comme un geste singulier et individuel, comme un « défi » aussi bien qu’une « solution », dans l’acte de composer ou dans celui d’écouter. C’est cette parole, où réside une partie de son mystère, qu’il s’agit d’aborder – rivages de l’instant où s’élèvent accents, tons, surgissements, impulsions, désirs… La réalité musicale est complexe ; elle est gouvernée par cette dialogique langue - parole. Ce n’est pas le moindre mérite de l’auteure que de l’interroger ici sans la mutiler : sinon, à quoi bon ? (Présentation de l’article par Nicolas Darbon)
  • Cartésianisme et Morinisme dans la poétique musicale d'Olivier Messiaen. (05-02-2007) - L'exemple des Eclairs sur l'Au-Delà?
    Ecrit par : DARBON Nicolas
    Architecturologie & Musicologie - Esthétique Art & Science
    A travers le prisme de la dernière œuvre écrite par Olivier Messiaen : Eclairs sur l’Au-Delà… (1988-92) – qui est une véritable somme de ses techniques musicales –, nous tenterons de montrer le passage poétique d’un paradigme à un autre. Deux philosophes nous semblent exprimer le mieux ces paradigmes : René Descartes et Edgar Morin.


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