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Cet atelier rassemble des textes et des études rédigées par les membres du Conseil Scientifique du Réseau Intelligence de la Complexité (MCX-APC), documents dont la portée est dans l'ensemble générale et épistémique : Il s'agit d'aviver notre Intelligence Collective de la Complexité en "restituant aux phénomènes toutes leurs solidarités", en contribuant à la permanente régénération de nos cultures civilisantes.
Une réflexion collective sur l'action stratégique en milieu complexe, ses fondements théoriques et ses expériences multiples, ses repères méthodologiques, des pistes concrètes qui sont autant de voies qu'il est possible de suivre, et des exemples approfondis issus de domaines très divers.
La démarche éco-étho-anthropologique s'intéresse à la manière dont l'homme construit son écosystème et dont l'écosystème modifie récursivement son identité. Cet écosystème étant local et global, la difficulté de la démarche tient au fait qu'elle risque soit de se consummer dans la fusion du Grand Tout, soit de se cantonner dans des descriptions partielles déconnectées de processus globaux qui seuls lui donnent forme et sens.
Les formes traditionnelles de la déduction logique (que privilégient encore souvent les pratiques scientifiques, techniques et culturelles) se prêtent mal à la modélisation et au raisonnement des actions individuelles et collectives en situation perçue complexe. On peut s'exercer à développer dans nos pratiques cognitives comme dans nos communications pragmatiques, de multiples formes intelligibles de rationalité de type "procédurale"et "téléologiques" Le "DISEGNO" (Léonard) et l' "INGEGNO" (G.Vico) redeviennent des modes normaux du "bon usage de la raison humaine".
Le substrat du réseau est encore un réseau : Comment pouvons nous entendre la complexité et la récursivité de la notion de réseau si bienvenue dans nos pratiques de la modélisation de la complexité.
Dans un univers en profondes mutations (tenant, pour beaucoup, d'une complexité grandissante et de la fin de certaines logiques dominantes), le développement de capacités d'adaptation innovantes est de plus en plus indispensable. Il nous faut sortir d'une pensée managériale réductrice, centrée sur la recherche de l'efficience et aller vers de nouvelles pratiques de gestion favorisant création et développement de valeur dans un complexe de finalités plurielles : techniques, économiques, sociales, sociétales, écologiques........ Ceci nécessite, non seulement l'élaboration de nouveaux savoirs de tous ordres, mais aussi d'autres méthodes de pensée et d'action plus constructivistes pour diminuer certains effets pervers dus à une utilisation trop exclusive des approches positivistes d'optimisation de la productivité.
Mettre en débat des textes ou prises de position de la "vie civile" sur les questions d'éducation. Celles-ci sont nombreuses, et bien souvent simplificatrices et réductrices, à la recherche des causes, voire de la cause ultime, pour proposer une solution prête à l'emploi. Notre travail de "veille", éthique et épistémologique, nous invite donc à soumettre ces écrits divers à vos/nos réactions. ET mettre en débat des textes de la littérature scientifique concernant les questions d'éducation. La confrontation de modèles, d'apports disciplinaires multiples, de problématiques variées, de perspectives méthodologiques croisées sont des nécessités heuristiques aux approches complexes.
Les sapeurs-pompiers font face quotidiennement à des situations toujours nouvelles et improbables. Si leur obstinée rigueur, aux vues des enjeux souvent vitaux, et une certaine une croyance collective disant que quoi qu'il arrive « on finira bien par trouver la solution » leur donne les bases nécessaires à une remise en question continue, ils ne pensent pas toujours que leur créativité puisse être mise à contribution dans un milieu autre que le leur. Ils agissent souvent dans des conditions difficiles, sur des situations sans solutions connues, qui monopolisent d'ordinaire toute leur attention.
Si l'on ne peut séparer le signe (syntaxe) , ses significations (sémantique) et les actions qu'il peut susciter dés qu'il est reçu (pragmatique), nos conceptions des systèmes d'information et de gestion des connaissance peuvent elles ignorer cette féconde complexité de l'information (circulante) qui in-forme l'organisation qui la forme (générative) ?
Le travail entendu comme acte intentionnel de transformation du monde qui nous entoure ?? la matière, le vivant, l'information - est un fait humain total. Il irrigue la vie de l'être humain de sa naissance à sa mort, comme un phénomène complexe, intime et vital à la fois. Il a besoin d'être approché dans sa complexité par une multiplicité de regards empruntant à de nombreuses disciplines.
Un objectif symbolique à long terme nous sert de repère ambitieux : peut-être pourrait on se proposer de co produire dans quelques années, une nouvelle édition de la célèbre encyclopédie Pléiade animée par J.Piaget en 1967, par laquelle il restaura dans nos cultures les épistémologies constructivistes, en mobilisant de nombreux concours et en faisant de la "critique épistémologique interne " le fait nouveau et de conséquences incalculables pour l'avenir. Mais il nous importe moins d'atteindre cette balise que de "construire les méditations épistémologiques en cheminant ".
Cet atelier a vocation à accueillir celles et ceux : qui ont le souci de replacer le droit dans son tissu social, de rompre avec les routines universitaires, de procéder à une débalkanisation des savoirs disciplinaires, qui adhèrent au principe d'une association de le recherche et de la pratique, qui traitent des questions juridiques et sociales dans leur complexité, qui s'intéressent aux fluctuations entre le local, le national et le global, qui donnent une priorité à la dimension comparative, et d'abord à la comparaison européenne qui assurent ou assument la présence des cultures de souche francophone dans la communauté scientifique internationale.
Les phénomènes socio économiques sont habituellement intelligibles bien que non prévisibles. Les nouvelles sciences économiques ne peuvent elle faire face à ce défi : Toutes les observations empiriques incitent à reconnaître la complexité de tous les systèmes économiques. Mais si les exclusives simplifications et réductions dites scientifiques nous les rendent pratiquement inintelligibles, ils peuvent en revanche être pragmatiquement interprétés dans et pour l'action si l'on s'attache à modéliser, en les contextualisant ingénieusement, les processus d'auto-eco organisation, d'émergence, de récursivité et d'irréversibilité qui caractérise toute activité économique informée et informante.
« Concevoir, c'est chercher ce qui n'existe pas et parfois le trouver ». Cette définition paradoxale des processus de conception suggère un nouveau regard sur les sciences de conception que l'on appelait sciences du génie, puis sciences d'ingenium, ou "sciences of design". Dés lors la recherche et surtout l'enseignement des sciences de conception sont transformées (ou restaurées, à partir des réflexions de Vitruve, de Vinci ou de Vico). Ne pouvons tirer parti des multiples expériences qui ainsi s'accumulent en particulier dans les domaines de la conception de l'espace et de son aménagement.
Le projet de l'Atelier MCX 14, "Cognition Distribué et Organisation»,est en cours de rédaction . Dans l'immédiat, l'Atelier s'efforce de susciter des interconnexions et coopérations avec diverses initiatives qui contribuent aux explorations en constant renouvellement permises par les simulations informatiques de comportements de systèmes complexes, telles que celles consacrées à la modélisation et à la simulation de systémes économiques par des réseaux d'agents hétérogènes en interactions ou celle consacrées à la "Modélisation des systèmes Cognitifs et sociaux".
Accordons une place majeure au milieu rural véritable cytoplasme pour les auteurs-acteurs qui tentent de bâtir leur vie.dans un espace en voie de désertification. L'urbanisation galopante du XXè siècle a conduit à la surpopulation des villes et à l'anémie des campagnes.Entre les clochers et les capitales régionales, des territoires de sens, de solidarité, de coopération se cherchent, les communautés de communes font leurs premières expériences dans la continuité des organisations à vocation intercommunale. Quand serons-nous en phase ? Quand pourrons-nous mettre notre énergie en synergie et non en inertie de neutralisation ?"L'écologie humaine traite de la vie humaine dans toutes ses manifestations physiques, chimiques, biotiques, mentales sociales et culturelles d'un point de vue écologique, cela signifie en considérant les connexions d'un être humain ou d'un ensemble d'êtres humains avec le monde extérieur qui le ou les entoure." Mettre en commun les théories des chercheurs et les expériences locales génératrices de "mieux-vivre" et "d'être plus", les confronter, les mettre en question, envisager l'opérationalité des unes et théoriser les autres dans un doute serein et respectueux de la variété des démarches, sont autant de clés pour l'ébauche d'un développement rural durable.
Le projet de l'Atelier MCX 16, "L'entreprise apprenante »,est en cours de rédaction . Dans l'immédiat, l'Atelier s'efforce de susciter des interconnexions et coopérations avec diverses initiatives qui contribuent aux explorations en constant renouvellement suscitées par les travaux sur la formation des « connaissances actionnables » au sein des organisations humaines.
Le projet de l'atelier est, par la manière de penser la complexité et l'incertitude, de contribuer au renouvellement de la prospective pour qu'elle joue un rôle dans l'émergence de projets de civilisation.
Ce nouvel Atelier nous proposera d'explorer "la complexité du monde sonore, de sa perception à son entendement". Fascinant "Monde Sonore" qui nous invite à de stimulants renouvellements de nos modes de représentation et d'interprétation des innombrables formes d'actions qu'il connait, permet, provoque ou inhibe. Pour nous permettre de comprendre nos multiples interventions dans cet étrange et si familier "monde sonore", «la seule prise en considération des "interactions entre les éléments" ne suffit plus: il faut développer de nouveaux instruments de pensée, permettant de saisir des phénomènes de rétroaction, des logiques récursives, des situations d'autonomie relative. Il s'agit là d'un véritable défi pour la connaissance, aussi bien sur le plan empirique que sur le plan théorique».
Défi que l'intelligence de la complexité des reliances de l'audition et de l'entendement peut aujourd'hui nous aider à relever, pendant qu'en retour, l'émerveillante complexité du monde sonore nous deviendra assez intelligible pour nous permettre de l'enrichir sans pourtant détruire son mystère. (Ainsi "la sensation du Virtuose qui, l'oreille collée au bois du violon, écoute sa propre main et forme un anneau fermé de sens" qu'évoquait P Valéry.
En s'interrogeant sur les faits et situations de soins, d'aide et d'éducation sous toutes leurs formes pour comprendre, finaliser et concevoir les conditions générales et locales de l'action sanitaire et sociale, l'Atelier MCX 20 se positionne donc au carrefour d'un complexe pluri, inter et transdisciplinaire de questions fonda-mentales :
- Comment l'intelligence humaine opère-t-elle dans ces contextes d'hommes au service des hommes que sont les institutions sanitaires et sociales ?
- De quels moyens cette intelligence dispose-t-elle et de quelles manières s'y prend-elle pour construire un monde sanitaire et social idéalement stable et régulier à partir de l'expérience dont elle dispose, dans un monde en mutation accélérée ?
« ...Tout est en présence, tout en échanges mutuels et modifications réciproques » Paul Valéry, L'univers des pratiques artistiques, les réflexions sur celles-ci et les oeuvres produites, sont perçues - soit intuitivement, soit de façon plus rationalisée - dans les perspectives d'une enrichissante complexité... Les sciences sociales, les sciences humaines, les sciences exactes et les procès de création artistique offrent trop de proximités dans leur projet et leur objet pour que l'on hésite à en tirer profit. L'interaction complexe entre les savoirs et les faires génère une réflexion qui à son tour produit de nouvelles formes de connaissances qui contribuent à rendre le monde pensable et habitable. Ne s'agit-il pas de renouer avec cette antique expérience que rappelait Valéry « Arts et sciences sont inséparables » ? Dans l'acte de création, la Poïese, sait-on relever des différences autres que nominales entre les man?uvres intellectuelles de l'artiste et du scientifique ? A partir du signe construit ou décidé, ne s'agit-il pas de retrouver la pluralité des sens, la métaphore des mécanismes de l'esprit, le pro-jet ? Ainsi, à travers les contributions des membres de l'atelier, pourront être explorés les multiples facettes de cette fascinante interaction qui relie et transforme sans cesse Poïesis et Epistemé, l'acte de créer et l'acte de signifier.
"A quel problème répond Intermédiations ? "Peut-on encore prétendre "appliquer" des savoirs ou des sciences à la résolution de nos problèmes... alors que nous expérimentons chaque jour l'extrême difficulté d'identification des problèmes qu'il nous faut résoudre?? Et ceci nous oblige à privilégier "l'insistance de la question à l'assistance de la réponse". Dans nos pratiques, nous sommes sans cesse renvoyés à l'intéraction complexe des savoirs et des faires et nous pouvons dire que, chemin faisant, Intermédiations affirme son identité dans cette dynamique du faire et du savoir, "C'est le même être qui sait en faisant et fait en sachant; qui sait pourquoi il fait comment; qui sait qu'en faisant il peut connaître de nouveaux savoirs". Aussi notre orientation est de partir de l'entrée que nous donnent nos pratiques singulières et diversifiées et de nous appuyer sur les théories de la complexité et de la modélisation pour poser les problèmes qu'il nous faut résoudre dans des énoncés "sur mesure" qui favorisent la pertinence de nos actions.
Cet atelier introduit les sites de l'Union Européenne de Systémique et de l'AFSCET www.afscet.asso.fr
Que seraient l'information et la communication sans la culture ? Pour garder trace, vie, et donner du sens à cette pâte qui ne demande qu'à retomber informe, entendons la culture dans sa complexité, comme médium reliant nos pigments, nos intuitions, nos images et nos pensées analogiques. La culture sera le principe réorganisateur d'une pensée disjointe entre raison et mythe : Pour cela, entendons la communication entre les êtres comme le plus étrange des problèmes sans la restreindre aux habituelles consignes de rationalité positive. Laissons-nous " penser l'événement " sans d'abord le trivialiser en le simplifiant, mais plutôt en entrelaçant nos approches. , chemin faisant".
Jean-Louis Le Moigne aime à nous rappeler cet extrait des Cahiers de P. Valéry : " Il n'y a ni temps, ni espace, ni nombre en soi...il n'y a que des opérations, c'est à dire des actes..."
L'occupation du territoire constitue pour tout être humain un tel acte livré dans son entier ; un implexe, " unité d'action indécomposable, irréductible pourtant à un élément unique " ; une double épissure qui tresse " un être de nature, un être de culture, des espaces et des temps " sans qu'il soit très aisé de pouvoir suivre le chemin de chacun des torons qui les composent. Il ne me paraît donc pas illégitime de postuler que l'acte d'habiter relie 1) le territoire nourricier, la niche, la cache, 2) l'espace existentiel et poétique, 3) l'espace économique, social, politique, etc., et que chacune de ces empreintes s'inscrit dans des temps intime, cyclique, entropique, téléologique, etc. Le rapport à l'espace-temps relève tout à la fois du projet finalisé, finalisant et se finalisant dans un environnement actif local-global, intime-universel, naturel-culturel.
D'où peut-être les difficultés surprenantes et décourageantes auxquelles sont confrontés toux ceux qui pensent et développent des politiques spatiales, quelles que soient leurs échelles. Prenons un exemple concret. L'université de Bretagne Sud, créée depuis 4 ans, ne cesse de réaménager ses locaux, bousculant les fiefs et les tanières au profit de nouveaux arbitrages. C'est ainsi qu'il a été décidé d'attribuer l'espace de la bibliothèque à un centre de recherches et d'exporter cette dernière dans un quartier populaire à quelques centaines de mètres de là. Décision débattue, combattue et emportée au sein de l'Université avec les politiques locaux, sans la moindre concertation avec les habitants du quartier voisin. Décision qui a conduit récemment, des universitaires et des élus à venir, en toute bonne foi, présenter les bienfaits de ce projet aux habitants concernés : le développement d'un espace culturel, ouvert à tous, étudiants et résidents, 7 jours sur 7, de 9h à 22h. Leur " générosité " n'eut pas d'autres échos que de violentes manifestations de rejet des habitants, sourds à leurs injonctions culturelles et citoyennes, mettant en avant des problèmes très " terre à terre " de stationnement, de bruit, ainsi que leur crainte d'être envahis (Certains anticipant du reste avec beaucoup de sagacité une possible extension du projet, déjà envisagée, mais prudemment tue).
A une logique spatiale, exprimée par les canaux administratifs, culturels et politiques, s'est opposée une autre logique spatiale qui pourrait relever de l'éthologie, mais aussi d'une autre culture : la création de la bibliothèque prend la forme d'une violation territoriale, d'autant plus mal reçue qu'elle est perçue comme s'inscrivant à la suite d'une longue série de déterritorialisations imposées.
La lecture du livre de K. Lorenz, L'agression, donne matière à réflexion sur les processus de territorialisation : qui penserait spontanément que le chant du rossignol et les couleurs étonnamment vives des poissons de coraux sont d'abord des signatures d'espace. F. Guattari et G. Deleuze s'en sont inspirés pour proposer le concept de Ritournelle : l'enfant dans le noir se rassure en chantant ; on sifflote en aménageant son espace, en le quittant ou en le rejoignant, etc. Le chanteur de rap et le grapheur marquent de leurs rythmes et de leurs peintures les rues de leurs banlieues : manifestations d'êtres de nature ou de culture, les deux probablement.
L'actualité nous offre chaque jour, trop souvent sous forme de catalogues thématiques, des exemples des difficultés croissantes que pose l'habitabilité du territoire : comment articuler au sein d'un même système espace intime, terroirs, pays, régions, espace républicain, construction européenne, mondialisation ? A quelles conséquences insoupçonnées s'exposent-on si nous ne traitons de l'espace qu'avec un nombre trop restreint de paramètres juxtaposés : économiques, administratifs, sociologiques, etc.? Comme nous le rappelle si bien Saint-Exupéry, à propos du désert : " L'aborder ce n'est point visiter l'oasis, c'est faire notre religion d'une fontaine. " Comment introduire la phénoménologie des valeurs d'intimité de l'espace de G. Bachelard dans les cartons des aménageurs ? S'est-on déjà intéressé à ce que nous perdions lorsque l'on remplaçait un chemin creux, fleuri et incertain, par une autoroute sûre et balisée, quand on sait par ailleurs qu'il est raisonnable de construire cette autoroute ?
Bref comment installer la réflexion sur l'habitabilité du territoire dans " son empire du milieu ", ce domaine de la territorialité où se nouent et se tissent les natures-cultures-espaces-temps ? Comment l'aborder, non plus à partir des objets produits par des pôles excentrés, mais à partir des métissages et des tissages qui s'offrent aux citoyens quotidiennement ? Comment produire un discours opératoire et pragmatique qui associe, sous le triple mode de la complexité ?? antagonisme, concurrence mais complémentarité -, les croyances et les savoirs de l'éthologue, de l'anthropologue, du géographe, du psychologue, de l'économiste, de l'historien, etc. ?
Il s'agit ici d'assumer et de promouvoir une "veille" épistémique en réaction à une " épistémophobie " qui sévit de plus en plus au cours de cette seconde moitié du XX ème siècle. Ceci sans tomber dans l'épistémomanie, qui tendrait à généraliser hâtivement des analyses portant sur des expériences trop anciennes. Il s'agit de partir de choses qui sont en train de se faire, mais suffisamment avancées pour qu'on puisse en discerner les biais, les risques et les perspectives positives ou négatives. L'atelier repèrera et analysera les cas où il y a ignorance délibérée ou au contraire promotion exagérée, mystification, ou même utilisation abusive des facilités d'exploiter systématiquement les tendances naturelles à ne pas voir la complexité des situations réelles dans le temps et dans l'espace.
Les perspectives en biologie, liées au séquençage des génomes, soulèvent avec acuité des questionnements réservés jusqu'ici à quelques penseurs, visionnaires au sein de la discipline. Ces interrogations concernent l'objectivité intrinsèque des gènes, tant du point de vue de leur structure (les gènes ont-ils une réalité en tant que entités matérielles ? sont-ils assimilables à de l'information traitée par un programme, constituent-ils un programme ?) que de celui de leur fonction [comment qualifier la ou les fonctions des gènes quand des fonctions distinctes peuvent être assurées par un même gène (on parle de pléïotropie) ou quand une même fonction peut être assurée par des différents gènes (on parle alors de redondance)].
Le redéploiement des sciences d'ingénierie (ou d'ingenium) nous incite notamment à reconsidérer la conception analytique traditionnelle des "ingénieries de formation". Les nouvelles sciences d'ingénierie s'inscrivent aujourd'hui dans le paradigme épistémique qui fait de la complexité une voie renouvelée pour aborder les phénomènes en formation(s) : les actions et les opérations de conceptions, d'enseignements et de recherches. (La complexité : «l'idéal de la science contemporaine» ). Actions et opérations qu'il convient désormais de concevoir en termes de stratégies interdisciplinaires et reliantes.
Concevoir, construire, conduire, des organisations de formations, des artefacts donc,..., c'est inscrire de tels projets dans le référentiel que peuvent constituer ces trois dimensions fondamentales de toute «Intelligence de la formation».
Penser la profonde recomposition des territoires à l'oeuvre dans les sociétés contemporaines appelle un renouvellement d'envergure de nos de représentation. Conçu comme un « construit » multidimensionnel par les acteurs qui le constituent, le territoire n'a plus la nature objectale que nos représentations traditionnelles lui prêtaient et les discours permettant d'en rendre compte ne sauraient sans naïveté s'inscrire dans l'objectivité. Si le territoire est un « construit » il appelle une connaissance constructiviste.
Mais cette posture épistémologique ne saurait suffire. La saisie et l'intelligibilité des phénomènes territoriaux semble de plus en plus nécessiter le recours à un appareil conceptuel apte à restituer, de manière non mutilante, la diversité, la multiplicité et l'enchevêtrement des actions, des relations et des processus qui y sont à l'oeuvre.
Entre la dynamique des processus de l??éducation formelle et celle de la formation globale et continue de la personne se forment les stratégies et modèles du développement humain durable.
Interdépendances multiples, systémiques et complexes, qu??il faut entendre dans toutes leurs dimensions (Physico-biologique, socio-économique, technologique, scientifique, culturelles, spirituelles?), et qui fondent une « politique de civilisation » .
Issus des technologies informatiques et numériques, les hypermédias se conçoivent comme des dispositifs techniques mettant en ?uvre un système symbolique de représentation, qui prennent leur sens plein au travers de la double logique conception/utilisation, et mettent en ?uvre des processus de médiation. A partir de cette thématique, l??atelier propose d??explorer des problématiques interdisciplinaires qui conduisent à reconnaître des processus socio-technologiques complexes.
Le projet de l'Atelier MCX 36, " Entendre l'esthétique dans ses complexités" est d'engendrer de nouvelles interprétations des pratiques artistiques (en particulier contemporaines) par divers éclairages épistémologiques, tels ceux de l'émergence et des sciences de la Complexité, afin d'établir de nouvelles approches esthétiques. On prendra en compte aussi bien peinture, cinéma, cinéma expérimental, installations, vidéo, installations interactives, qu'art sur Internet, art numérique, musique, arts de la scène et leur développement technologique.
La complexité à l'oeuvre sollicite toutes les tentatives interprétatives ayant en commun un certain sens de la reliance transdisciplinaire, une sensibilité aux interactions, à l'incertitude et à l'émergence. Edgar Morin nous offre de tels outils : principes dialogique, récursif et hologrammatique... L'un des plus importants est la prise de conscience que l'observateur se retrouve dans son observation. Attitude à la fois reliante et critique. Elle se fédère dans un « nouveau paradigme », mais en même temps elle n'est pas dupe des croyances, du prêt-à-penser, des idéologies et des habitudes réductrices. (extrait)